Sarkozy et Hollande offrent-t-ils la victoire à mélenchon ?

la nouvelle édition de "être candidat pour les nuls"

J’ai une certitude. Je crois que cette campagne est fondamentalement politique. Un évènement hors-norme dans l’histoire de la Ve République. Jeune, je ne peux me remémorer que les trois dernières élections. Que ce soit celle qui confrontait Jospin à Chirac, Royal à Sarkozy, j’avais la sensation d’assister à un simple concours de personnes. « Ah, il est beau, il est charismatique, il est déterminé » « Je l’aime bien. Elle parait jeune. Elle parait sincère. Elle change des autres ». En ne laissant le choix qu’aux traits de caractère, on écartait toutes possibilités de véritables débats de fond politique. Vous savez, ceux que les journalistes aiment caractériser de « digne de la 3e République ». D’ailleurs, une habitude fut prise. Quand un homme ou une femme — trop rarement — cassait le ronron de starification, on le cataloguait aussitôt « de député de la 3e République ».

Avouez qu’à la seule évocation de cette expression, vous comme moi, nous imaginions des hommes, le ventre dodu, la barbe grisonnante et le verbe haut. Les journalistes et nous, nous oublions que dans ce régime parlementaire, certains des plus beaux débats de la République ont raisonné. On était loin des questions d’hallal… Sous cette IIIe République, honnis par les médias, méprisés par certains, oubliés par d’autres, on y entendit résonner la voix de Clémenceau s’opposer à Ferry sur la question de la colonisation. On y perçut, avec un ton grave, Hugo défendre la valeur de la vie humaine, s’opposant ainsi à la peine de mort et appelant à la seule « exécution » qu’il vaille, celle de la misère. On pouvait y voir Jaurès, les mains sur le pupitre, les yeux tournés vers les étoiles qu’il souhaitait rallumés, expliquer comment le socialisme était la seule voix d’émancipation pour l’humanité. C’est dans cette 3e République que la séparation de l’Église de l’État fut exécutée. C’est dans celle-ci que le droit d’association fut enfin reconnu, les congés payés adoptés…

J’évoque rapidement ce passé, car je me disais que jamais je n’allais connaitre de véritable débat de fond. Comme si, la politique n’était vouée qu’à la gestion et à la gesticulation. Mais, avec cette élection, j’ai l’agréable surprise de voir que création et ambition riment à nouveau avec politique.

Ecoutez, en quelques semaines, de nouveaux mots sont apparus sur le débat publique. Tous prononcés à l’origine par le Front de Gauche, aujourd’hui, ils sont repris par ceux qui s’acharnaient hier à les combattre. À l’exemple de Louis XVI portant la cocarde tricolore, on entend Sarkozy parler « d’imposition des exilés », Hollande évoquer une taxation à 75 % des plus riches. La désobéissance européenne, méthode de rapport de force et de gouvernement du FdG, est même proposée comme une nécessité par le président sortant qui a pourtant fait de la soumission des traités un préalable supérieur à la démocratie et à la souveraineté…

photo de Downing Street

Les entendre dire ces mots à simple but électoraliste, nous pourrions nous en désoler. Il est certain que ceci n’est pas un signe rassurant quant au degré d’intelligence et de sincérité de ces politiciens. Reprendre les propositions d’autres selon les sondages prouve seulement qu’ils n’ont pas de vision à long terme…  Mais ceci ne me désole pas plus que ça. Car l’important n’est pas là. Simplement, car je crois profondément qu’en politique, un mot suffit à créer un monde. Sarkozy, Hollande, en reprenant les nôtres pour tenter de récupérer des voix ne font rien d’autre que de nous crédibiliser. Ils nous offrent l’onction de la « réalité ».

Hollande à la recherche de la gauche ( par Philippe Moreau Chevrolet)

Mais le peuple n’est pas dupe. Quand il entend riche, il ne passe pas à la viande hallal. Le mot entraine une succession de questions. « Quand est-on riche? » « Pourquoi l’est-on ? » « Est-ce justifié ? » Ces questions s’entrechoquant, à la recherche des réponses, le peuple se met à regarder le monde, à le concevoir, à l’imaginer puis à en dessiner un autre. Il s’approprie son univers. D’adhésions à certains mots, il rejette une réalité d’autres. « Riche » se remplace par « Partage ». « Compétitivité » par « solidarité ». « Croissance » par « humain ». De simples mots, de quelques syllabes, un monde tombe, un autre nait.

Vous allez logiquement vous demander pourquoi Sarkozy et Hollande se suicident ainsi. Pour vous dire, je n’ai pas la réponse. Ils nous offrent sur un plateau la victoire culturelle chère à Gramsci. Sont-ils inconscients ? Sentent-ils le peuple affamé de justice ? Sont-ils sensibles eux-aussi à l’appel d’un monde nouveau ? Qu’importe, je me rends compte que la victoire ne se construit pas que sur nos qualités. Les adversaires, par leurs nullités, leurs suffisances, leurs assurances, peuvent faire des fautes et nous ouvrir une voie « royale ». Nous voilà rassurés, en plus d’être bons, les autres sont mauvais !

Ainsi, en une semaine, le FdG est devenu crédible. Ce que j’évoquais dans mon précédent article prend forme. Nous apparaissons comme une force capable de gouverner. Nos mots ne sont plus notre apanage. Ils appartiennent au peuple. Nos méthodes, notre grammaire, « d’impossible », de « dangereuses », en quelques jours, par l’aide inconsciente de Sarkozy, sont devenus possibles et réalisables. Pensez seulement comment, il y a encore quelques jours, on nous moquait quand on évoquait la désobéissance européenne et le rapport de force avec nos partenaires. Merci Sarko, en 5 ans, tu auras au moins servi à une chose utile.

Les amis, les choses avancent. Il reste peu de temps. La réalité d’hier s’écroule par l’inconscience, l’inconsistance des gardiens du temple. Continuons. Prononçons, crions nos mots. Faisons les raisonnés. Leurs murs tremblent. Les nôtres se dessinent devant nos yeux.

Le livre Une année derrière mélenchon

Avec mélenchon, on reprend la bastille le 18 mars

« La vie, une fable, racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. » Dans Macbeth, Sharkespear affirmait que rien n’avait de sens. La matière reste de la matière. Le sens n’émane pas d’elle. L’histoire n’est pas écrite et ne s’écrit pas seule. Dans le bruit et la fureur, la vie existe, car un idiot est là pour nous la raconter. C’est par des mots et par les humains qui sont là pour les dire, que la fable prend forme et que chacun y prend sa part. L’Histoire n’est pas, mais elle se raconte. C’est par des symboles, des noms, des idéals, des dates que nous réussissons chacun à sortir du marasme du bruit et de fureur qui entoure notre quotidien. La date du 18 mars en est une parmi tant d’autres. Ce jour a un sens. Elle marque un de ces moments où l’humanité a eu rendez-vous avec elle même. Elle rappelle un moment de lumière qui s’est éteinte dans le bruit, la fureur et la fumée des canons des versaillais. Elle nous permet de nous raconter cette Commune de Paris déclarée en ce 18 mars 1871. Elle nous offre un moment de recueillement autour de ce drapeau rouge qui s’est gorgé de sang lors du massacre de la semaine sanglante.

Ce 18 mars 2012 marquera donc l’anniversaire de la Commune de Paris. Cet évènement révolutionnaire est souvent omis dans les manuels d’Histoire. Comme si nous devions l’oublier par honte. Comme si nous ne pouvions assumer ce mouvement insurrectionnel. Pourtant, en dehors de nos frontières, là où la lutte doit être encore conduite au risque de sa vie, on raconte encore cette histoire, notre histoire.

Les communards conduisirent la première Révolution Socialiste et Humaniste. En refusant la défaite humiliante contre les Prussiens, en n’acceptant pas de lier leur avenir à quelques industriels affamés guidés par ce salaud de Thiers, le peuple de Paris se souleva et mena la lutte. Celle-ci n’était pas contre un ennemi extérieur. Elle ne voulait pas conduire « la chair à canon » aux champs pour des questions de gloires et d’honneurs, tant d’imbécilités qui ont fait la fortune des cimetières. Cette Révolution tenta de conclure ce qui fut entamé en juillet 1789. « Les cris du peuple » voulaient, en effet, donner une résonance réelle à notre trinité républicaine, « Liberté, égalité, Fraternité ». Des ministres immigrés, l’égalité Femmes-Hommes, la gratuité des services publics, la collectivisation des usines abandonnées par les fuyards, voilà l’héritage de cette commune. Voilà ce que certains veulent que nous oubliions. Comme ils désirent tant que nous ne souvenions pas de ces communards refusant le travail des jeunes et de nuit. Question qui sonne d’actualité 141 ans plus tard, lorsque Sarkozy et la Le Pen veulent élargir et généraliser l’exploitation de nos adolescents de 14 ans avec l’apprentissage. L’histoire est si répétitive… Elle ne serait donc que bruit et fureur?

Je vous conseille vraiment de vous renseigner sur cette Commune de Paris. Informez vous sur comment, Thiers et ses amis, ont exterminé le peuple de paris. Il n’y a pas d’autres mots pour cette « semaine sanglante ». Ce Thiers, ce nom qui orne honteusement parfois nos rues, avait déclaré, le sourire niait aux lèvres : « Qu’on les fusille ! Nous serons alors tranquilles pour une génération ». Vous comprendrez alors pourquoi la Gauche en est encore fière aujourd’hui. Alors vous comprendrez, sans problèmes, mon exaltation lorsque j’ai appris que mon candidat, Jean-Luc Mélenchon, décida de faire de cette date un moment clé de sa campagne. Le 18 mars prochain est ainsi prévue une marche sur la bastille conclue par un grand meeting en plein air.

En renouant avec notre histoire, avec ces manifestations festives, en renouant avec nos dates fondatrices, nous nouons notre avenir.

Car, pour moi, la Gauche, c’est la fête. C’est la manifestation dans le bruit des cris de joie. Je peux paraitre naïf, cela m’importe peu, mais pour moi, la Gauche, la vraie, celle qui anime et justifie mon combat, c’est celle qui croit et propose une meilleure vie, le bonheur. « On vend du bonheur », voilà dit vulgairement notre vocation. Alors, comment être crédible et convaincants lorsque ces mots appelants un monde meilleur et plus juste sont portés par des visages moroses serrés dans des costumes grisâtres. La gauche, c’est, pour moi, ces bals du Front populaire, c’est ces slogans fous écrits sur les murs en 68, c’est ces gens qui dansèrent sous la pluie le 10 mai 1981. Ces journées de folies, de rêves, de fureur humaine sont certes souvent suivies de gueule de bois. Et alors ? Cela n’empêche et ne nie en aucun l’ivresse passée et les souvenirs acquis. Ces souvenirs nous suivent. Ces souvenirs sont palpables et réels comme le sont ces semaines de congés payés, ces augmentations de salaire ou comme l’était jusqu’à peu, avant le crime de Sarkozy, la retraite à 60 ans.

Le 18 mars, le peuple de gauche sera dans la rue pour reprendre une bastille symbolique, mais bien réelle. Comme le peuple l’était avant mai 36 pour faire face à la menace fasciste et avant cette victoire magique. Magique, car, déjà à l’époque, les bonnes personnes parfumées annonçaient une victoire des radicaux. Tout le monde s’attendait à un gouvernement modéré, avec le PCF et la SFIO comme forces d’appoints. Mais, lorsque le peuple est dans la rue et commence à rêver d’un monde meilleur, plus humain, quand il essaye de se faire honneur à lui même à l’image de ce qu’avait fait la Commune de Paris, alors, toutes les cartes sont redistribuées. Dans le chaos du bruit et de la fureur, l’histoire s’écrit en oubliant les pages du passé. Ainsi, en 36, ils attendaient les radicaux, ils ont eu Blum et Thorez. En 2012, ils attendent Hollande et Sarkozy, ils auront le Peuple et le Front de Gauche !

Car comme lors de la commune de paris de 1871, ce 18 mars 2012, nous redessinerons les institutions de la France. Cette journée viendra faire honneur à notre future Vie république. Cette République permettra une politique de transformation sociale. Elle donnera le pouvoir au peuple. Elle permettra une répartition des richesses. Elle tentera de donner une réalité à la liberté, à l’égalité, à la fraternité. Ainsi elle mettra fin une bonne fois pour toutes à cette honteuse monarchie républicaine qui pourrit tout. Le peuple se donnera, par la constituante, un cadre institutionnel qui permettra au progrès de naitre et de croitre. Nous le ferons dans la fête. Nous le ferons dans l’euphorie. Nous le ferons dans le bruit et la fureur.

Le livre Une année derrière mélenchon

Melenchon, plus qu’une surprise, une certitude.

Jour après jour, nous nous approchons de la date fatidique. Le 1er tour arrivant, l’espoir et les craintes s’entremêlent dans un suspens sans nom. Tout est possible. J’en ai la conviction depuis des mois. Je ne le cache pas. Mon assurance affichée depuis le début était peut être surjouée et le fruit d’un petit subterfuge. Par celui-ci, je cherchais à me rassurer et me convaincre que je ne me battais pas chaque jour pour rien. Puis, mois après mois, le subterfuge semble s’effacer pour devenir une réalité. Comme si, à chaque lever de soleil, une nouvelle lumière plus en plus forte venait éclairer le jour.

Ce subterfuge, cette réalité qui semble naitre, c’est la « surprise » Mélenchon.

Depuis plusieurs mois, quand j’affirmais qu’il était possible que Mélenchon soit au second tour et devant marine Le Pen, j’avais droit à un rire dédaigneux ou à un humble aveu qu’un « score à deux chiffres serait déjà bien ». Pourtant, rêveur que je suis, cela me paraissait insuffisant. Quand on se bat et qu’on croit dans la justesse de ces gestes, on en veut toujours plus. Avec quelques camarades, autrement dit, c’était tout ou rien. Affamé et jamais rassasié, le risque, j’en suis conscient, c’était d’exploser.

C’est un risque accepté. D’autant, qu’à mesure que l’élection approche, il me semble de plus en plus s’éloigner. J’ai le sentiment que le Front de Gauche « prend » et réussit. La sauce monte. Et elle parait, à vue de nez, suffisamment épaisse pour remplir, pour un temps, mon estomac d’ogre. Pour vous montrer que je sors du « subterfuge » et que mes propos ne décrivent qu’une réalité qui nait, je vais vous exposer quelques faits convaincants.

Depuis quelques semaines, à chaque meeting du Front de Gauche, des milliers de personnes se réunissent autour du candidat de « L’humain d’abord ». Partout, les locaux sont unanimes. Les salles sont remplies comme jamais depuis le programme commun. Nous nous retrouvons avec des foules comparable à une époque où PS, PCF et le peuple étaient certains de pouvoir « changer la vie ».

Pourtant, cela vient en contraste avec ce qu’affirment en permanence les éditocrates. La chose publique, selon eux, n’intéressait plus. Le peuple serait ainsi devenu raisonnable, lassé des échecs et des ambitions collectives. Pour certains auteurs, l’histoire serait même finie. « Consommer » la vie, c’est tout ce qu’ils nous laissaient…

Pourtant, j’y reviens, les salles sont pleines à craquer. Cela ne peut être que la traduction d’une prise de conscience générale. Face aux catastrophes de la gestion libérale, le peuple se dit qu’il est surement possible de faire autrement. De ce fait, il s’approprie le « Yes we can » qui a temps fait rêver en 2008 outre-Atlantique. À la différence que, dans les meetings du Front de Gauche, aucun nom n’est acclamé. Seuls des mots d’ordre sont criés, raisonnent et font vibrer les foules. « Résistantes », « Présidons », « L’humain d’abord », voila ce qui semble réunir et unir une foule de plus en plus nombreuse. En y réfléchissant, ce que la France a vécu en 2005 avec le Non, ne serait ainsi que la rupture de faille qui précède le tremblement de terre.

Autre preuve qui me fait croire qu’il y a des chances que la surprise se concrétise, c’est l’enchainement des évènements de cette semaine. Pour la première fois depuis 30 ans, jeudi soir, le Front national a baissé les yeux devant la République. Je ne veux pas particulièrement revenir sur ce « débat » étrange. Je veux juste en faire une interprétation rapide et subjective. Pour moi, Marine Le Pen a paniqué. Plus clairement, elle s’est pris notre réalité en pleine face. Et elle semble avoir eu mal.

En effet, les médias, surement lassés d’avance d’un duel ennuyant des deux « grands », avaient prévu de le perturber depuis un an avec un nouveau cheval. Prenant le premier canasson qui venait, ils ont voulu nous convaincre que nous avions à faire face à un char mécanique. La bête y a elle-même cru. Confondant les bruits des sondages avec celui des chenilles, elle s’y est vue. Malheureusement pour elle, nous étions là pour la rappeler à sa réalité. Meeting après meeting, usine après usine, tract après tract, nous avons expliqué. Marine Le Pen n’est que la candidate d’une extrême droite classique. Elle n’est que la représentante des perdants du progrès humain. Elle n’est qu’une défenseure de l’ordre établi. Par héritage, elle a reçu la fortune et le parti de son père rempli de perdants : ceux de la décolonisation, de la collaboration, des ligues, des antidreyfusards, des royalistes. En faisant émerger la réalité, le peuple a pu voir le déguisement. Du char, nous nous sommes souvenus qu’elle n’était qu’un simple cheval. Avec un peu d’effort, nous allons peut-être, un jour, réussir à la piquer pour assainir le débat politique.

D’ailleurs, la réussite de notre entreprise n’a pas attendu le débat de jeudi. Contrairement à mon habitude, je vais venir citer un sondage. Je ne crois pas du tout à leur véracité. Ils sont trop soumis à des lobbyings et aux puissances de l’argent pour être sincères. Pourtant, parfois, pour continuer à mentir, ils sont obligés de laisser transparaitre la réalité. Sur Canal+, pour l’émission dimanche +, un sondage réalisé avant l’émission de jeudi sur France 2, a confirmé que pour 35 % des Français, Jean Luc Mélenchon était le candidat qui défendait le mieux les ouvriers. En dehors du chiffre, ce que nous devons retenir, c’est la première place pour notre candidat et la dernière pour Le Pen.

Grâce à ce dernier sondage, elle ne pourra plus venir sur un plateau et mentir en disant « qu’elle est la meilleure représente des invisibles ». Le peuple sait aujourd’hui qui les défend. Perdant cet argument, elle se retrouve piégée. Si elle n’est plus la défenseure des ouvriers, qui est elle ? On retombe sur ce que j’ai dit plus haut. Sans son déguisement, elle apparait pour ce qu’elle est, une néo-fasciste. En quelque sorte, pour elle, avec la disparition du brouillard médiatique longtemps entretenu activement, elle entreprend irrésistiblement le début de sa « chute finale ».

Autre élément qui me rassure sur notre dynamique et la possible réussite de notre candidature, ce sont justement le changement des mots des éditocrates. N’oublions pas qu’ils ne sont que des feuilles, parfois accrochées à l’arbre, parfois mortes. Ils n’ont que l’ambition de se laisser porter par le vent. Ces éditocrates se mettent à frémir par notre souffle comme les feuilles dans le vent. Ainsi, FOG, sur le grand journal, a fait un pronostic personnel. Il plaça mélenchon devant Bayrou à 20 % des voix. Cet exercice de politique-fiction semble surtout traduire une réalité. Imaginer seulement, il y a quelques semaines, celui-ci. Je ne sais même pas si nous aurions seulement été cités. Autre éditocrate reconnu, Nicolas Domenach, ce dimanche sur Itele, a affirmé qu’il était possible que Mélenchon soit devant Le Pen le soir du 22 avril. Ah, dire qu’il y a un an, ces mêmes venaient nous souler en affirmant qu’elle pourrait se retrouver en tête du premier tour. Les mots changent. Les ruines restent…

Ce bref rappel des faits, je l’écris pour vous convaincre. Nous devons nous mobiliser et accepter l’idée que nous pouvons réussir. Nous sommes à un moment où l’histoire s’écrit. Il semble que nous tenions peut-être la plume qui va venir se confronter aux feuilles. D’autant que l’élément qui empêchait le FdG de devenir la première force de gauche s’efface. Il s’efface politiquement avec « l’implosion » de Le Pen. Il s’efface mathématiquement. Mon camarade Manuel Bompard en a apporté une preuve superbement intelligente.

Attention, Jean Luc mélenchon, au second tour, ceci n’est peut être plus de la politique fiction.

Le livre Une année derrière mélenchon

Socialiste, si tu veux être député, réponds à cette question sur le MES

Je prends l’initiative d’écrire une lettre type utilisable par chaque soutien du FdG. Je propose que chacun se l’approprie et l’envoie aux candidats socialistes aux législatives non encore élus. En l’ouvrant à la presse locale, nous pouvons pousser ces « impétrants » à nous renseigner et à renseigner les électeurs sur leur comportement vis-à-vis du MES s’ils avaient dû siéger hier. Ainsi éclairés de leurs convictions profondes, dans le cas où nos candidats ne seraient pas présents au second tour, nous pourrions alors tirer les conséquences pour notre comportement de futur électeur.

« Bonjour,

Ce 21 février restera un jour qui marquera à jamais l’histoire de la vie politique française et plus particulièrement celle de la Gauche. Quelques fois par siècle, les forces politiques, en dehors du jeu politique classique, se retrouvent face à leur responsabilité, dit autrement, face à l’Histoire et à leurs propres histoires. Ce type d’épisode, nous l’avons déjà vécu en 2005 avec le référendum sur la constitution européenne. Sortant des clivages politiques classiques, ce suffrage imposait à chaque homme et femme de révéler ses véritables convictions et les lignes profondes qui guident son action publique.

Lors de ce vote, le peuple français, intéressé, passionné, fit un choix éclairé. À plus de 55%, il manifesta son opposition à toutes constructions européennes néolibérales. Il signifia alors à toute la classe politique ses préférences pour la solidarité plutôt que la concurrence.

Ce 21 février, un vote analogue a eu lieu. Le parlement a eu à s’exprimer sur le mécanisme de stabilité européenne (MES). Le parti socialiste s’est “abstenu activement”, alors que les verts et le Front de Gauche votèrent contre.

Ce MES signifie une perte de souveraineté budgétaire encore jamais vue depuis les épisodes sombres d’il y a 70 ans. Nous pourrions alors nous retrouver inféodés à la Troika.  En laissant la droite ratifier ce traité d’oppression, le PS accorde juridiquement un blanc-seing au duo Merkel-Sarkozy pour la rédaction du futur traité de l’UE. La règle d’or va nous être imposée. Ce procédé antidémocratique vient interdire toutes politiques de gauche de relance et d’émancipation sociale. Tous démocrates et tous individus se sentant viscéralement de gauche ne peut donc que “s’opposer activement» en votant contre un tel texte.

Le PS a donc décidé de “perdre sa voix” par le choix d’une «floue abstention». Le doute plane. Dans le fond étaient-ils d’accord ? Ou alors, bien plus grave, le sujet, à leurs yeux, n’était-il pas suffisamment important pour mériter une décision claire ?

Étant un soutien actif du FdG, je vous adresse cette lettre ouverte pour connaitre votre position quant à ce MES. Nous désirons simplement, sans arrière-pensée politique, connaitre quel aurait été votre suffrage si vous aviez été député ce 21 février. Auriez-vous admiré silencieusement la tentative de coup d’État des banques qu’autorise et permet ce traité ? Ou alors, avec quelques-uns de vos collègues socialistes comme Henri Emmanueli, auriez-vous voté aux côtés du FdG en exprimant un “Non” ferme et définitif à la rigueur et à la finance?

Ainsi, dans votre réponse, pour informer les électeurs dont vous réclamez le suffrage, pourriez-vous préciser clairement votre choix par un simple “Oui”, “Non”, “Abstention”.
Cet exercice de politique-fiction doit permettre à tout un chacun de connaitre les convictions profondes qui vous animent et qui conduisent votre engagement politique. Il doit également, pour nous électeurs du FdG, d’apprécier votre courage politique. Ainsi, dans le cas où nos candidats ne seraient pas présents au second tour des législatives, nous pourrions en citoyens éclairés, faire un choix clair entre «Pour» ou «Abstention active» sur votre nom.

Avec mes salutations républicaines,

»

Pour vous aider, voici en lien et en document excel (à la fin de l’article), la liste des nom des candidats de votre département. Écrivez la lettre soit aux fédérations socialistes soit directement aux candidats si vous avez leurs mails. Et pour accorder une plus grande efficacité et motiver à une réponse ces candidats socialistes, je vous conseille d’informer la presse locale de l’envoi de la lettre en leur conseillant de la publier. Bien sûr, vous n’avez pas à me citer en tant que rédacteurs. Vous pouvez également la modifier.

Liste des noms des candidats socialistes aux élections législatives

Le livre Une année derrière mélenchon

Les “socialistes” (Hollande, Ségo) sont à l’étranger. Qu’ils y restent ! #placeaupeuple

Marx aimait répéter qu’un homme qui ne connait pas son histoire aura tendance à la répéter. Cela apparait comme une vérité pour les sociaux-démocrates. Hollande nous en a encore fait une démonstration avec l’interview qu’il a accordé au Guardian. Comme Ségolène sur la muraille de chine, il vient de commettre son péché originel qui lui coutera, peut être, la victoire. Après cet épisode malheureux, le peuple ne peut, selon moi, définitivement plus lui faire confiance.

Ce week-end, sur deux sujets internationales, il a laissé s’évaporer la fumée de doutes bienveillants que le discours du Bourget laissait encore planer aux naïfs de gauche. Hollande n’est définitivement pas un bon candidat et encore moins un candidat socialiste. Finie la bataille contre la rigueur, fini l’héritage de gauche, fini l’internationalisme caractérisable par la solidarité avec le peuple grec. Hollande rêve de Blair, de « city » et d’une France débarrassée de ces « affreux » communistes et de leur lourd héritage de la grande révolution de 1789.

À chaque fois qu’un social-démocrate s’envole vers l’étranger, il nous offre la chance de voir son véritable visage. Finies les contraintes et les exigences du jeu politique français. Finie l’imposture qui n’est que le masque de la vérité comme le répétait Vauvenargues. Dans le confort des hôtels luxueux, ces ambitieux laissent enfin s’échapper leurs convictions. Croyant que leur parole restera inaudible au peuple, si loin, si bête qu’il ne peut comprendre l’anglais, ils acceptent de jouer la surenchère avec leurs auditoires libéraux — forcement plus moderne que ces arriérés de franchouillards…— et nous offre un moment de vérité qui leur coute cher. Ségolène avait perdu, il y a 5 ans, en partie l’élection avec sa « bravitude » et la justice chinoise « rapide ». Aujourd’hui, Hollande, encore une fois à l’étranger, nous ressort de la soupe libérale indigeste.

Ainsi, notre anglophile en déclarant que « Les années 80, c’était une autre époque. Les gens disaient que les chars soviétiques arriveraient Place de la Concorde. Cette époque est révolue, elle appartient à l’Histoire. C’est normal qu’il y ait eu des peurs. La droite était au pouvoir depuis 23 ans, nous étions en pleine guerre froide et François Mitterrand avait nommé des ministres communistes. Aujourd’hui il n’y a plus de communistes en France. La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre. » révèle sa vraie nature.

Au Bourget, la finance était l’ennemie. Face aux représentants des banques, Hollande s’agenouille et fait pénitence. Il renie même celui dont il tente de prendre la succession. Mitterrand n’est plus un modèle, mais un simple « folklore » du passé français qui n’a rien a envié à la baguette, la moustache ou le béret.

Mais Hollande se trompe. La France est loin d’avoir changé. Le parti socialiste peut-être… Mais le peuple français, face aux coups féroces du capitalisme financier, redevient exigeant et lui-même. Il redemande de l’égalité. Il exige la justice. Il ambitionne d’être à nouveau grand. Il se souvient de la grandeur d’un Ambroise Croizat, qui après guerre, alors que le pays était meurtri, ruiné, endetté, réussit par ses convictions communistes à créer les caisses de sécurité sociale et notre régime de retraite. Nous devons être fiers de son nom et de ses origines.

Ce Ambroise Croisat était communiste. Babeuf en fut l’un des premiers. Communistes, socialistes, nous sommes les héritiers des communards et des montagnards. Nous avons toujours combattu derrière le même drapeau rouge. Dressé fièrement devant nos cortèges, vibrant par un vent menant vers l’avenir, il est la preuve vivante de l’existence d’une force incroyablement grande qui vit et sévit dans nos terres. Cette force, ce que certains appellent socialisme radical ou d’autres communisme, existe encore. Elle se met en branle. Comme un titan, son corps remue peu à peu. On ressent ses vibrations. Elles prennent le nom de résistances et de luttes. Puis, par la puissance des cris et des rêves du peuple français, cette force se réveille. La table se renverse alors. La belle endormie enfin éveillée et debout porte un nom : Revolution. François Hollande, prends garde, nous pourrions la prénommée socialiste ou communiste. Le peuple en décidera.

Le livre Une année derrière mélenchon

Il faut soutenir Franck Boissier #coupabledetremilitant #placeaupeuple

Crédit photo (offerte) : Michel Soudais

Je dois en premiers lieux avouer mon étonnement d’écrire une telle lettre de soutien. Un étonnement incroyable, car jamais je n’aurais cru devoir venir soutenir mon camarade et ami Franck Boissier devant un tribunal.

Comment se fait-il qu’un tel homme incarnant gentillesse et engagement, se révoltant contre toutes les injustices, espérant à chaque instant dans la capacité de l’humain d’être créateur et acteur d’un monde meilleur, puisse se retrouver « inquiéter » par la justice ? Aujourd’hui, face à cette situation ubuesque, c’est chez moi que l’inquiétude et l’incompréhension montent. Je dois vous dire, pour la sincérité de mon témoignage, que Franck Boissier est un camarade de lutte, mais aussi un véritable ami. J’aime autant battre le pavé avec lui dans la lutte que partager verre et repas à ses côtés et aux côtés de sa famille.

Je vais donc vous parler en tant que camarade et ami de ce grand monsieur qu’est Franck Boissier.

Franck Boissier est humble. Il est tellement humble que malgré notre proximité, il n’osait pas me demander d’écrire une lettre de soutien. Il n’osait pas me parler de cet imbroglio judiciaire. Il préférait me laisser parler et partir dans mes rêves d’idéaux politiques plutôt de me ramener sur terre à cette triste réalité.

C’est donc par une autre camarade que j’ai appris les grandes lignes de cette affaire judiciaire. Je dois vous avouer que j’ai eu du mal à comprendre le dessein de la plainte qui touche mon camarade.

Ainsi, il lui serait reproché l’utilisation d’une affiche politique sur son blog. Car si j’ai bien tout compris, je crois que l’on ne parle pas d’une simple photo, mais bien d’une affiche politique. En effet, il me semble que cette photo au centre du litige fut achetée et promue par le parti communiste français dans cette lutte humaniste contre les franchises médicales.

Or, n’est-ce pas le but, le moyen et l’incarnation du succès d’une campagne politique quand celle-ci est reprise et utilisée partout où cela est possible ? N’est-ce pas son dessein congénital que d’être vue et de créer le débat ? Or comment parler et débattre concrètement si on efface l’image avant que celle-ci fût exposée et put créer la réflexion ? « Je vous interdis de dire les mots justes, mais si nécessaire nous devrions quand même les crier… »

Ainsi, une question me trotte dans la tête et je pense qu’une réponse argumentée pourrait aider dans un aboutissement juste de cette affaire. Si lorsque le photographe a vendu cette photo — je crois que ce n’est pas la première fois qu’il travaillait avec un parti dans le cadre d’une campagne politique — pensait-il que son image resterait dans des locaux sombres et humides et ne serait ni exposé, ni collé, ni propagé partout où cela serait possible et surtout où la lutte le rendait nécessaire ?

Je me demande donc, par pure perversité d’esprit bien entendu, si M. Philippe Rupcic pensait et espérait que son image ne rencontrerait pas le succès et qu’ainsi seul, il pourrait contempler son génie. Mais est-ce l’incarnation et le signe du génie lorsque l’on fait un tel pari sur son échec ? Et n’est-ce pas immoral, bien plus que de se battre contre les franchises médicales et d’essayer d’utiliser le maximum de munition à sa disposition, que de vendre un produit que l’on considérerait comme mauvais et ne pouvant répondre aux desseins de son client ?

Puis je le maintiens, si nous sommes dans le cadre d’une affiche politique, j’ai du mal à croire que le droit de propriété puisse s’imposer à la liberté d’opinion. Liberté d’opinion, qui en démocratie a nécessairement besoin de « bruits et de fureurs », d’oppositions, de débats pour se créer, grandir et devenir réelle.

Or comment débattre sur ce qu’aujourd’hui on peut appeler « un buzz » si sur chaque blog, dans chaque discussion au café du commerce, on se pose la question de la propriété intellectuelle des arguments ? La seule propriété intellectuelle qui existe dans la liberté d’opinion c’est l’opposition des arguments, arguments qui naissent de la culture, de l’expérience de chacun et donc de la confrontation avec le savoir et la connaissance accumulés sur sa route. Quand je parle politique, je ne me demande pas lorsque je reprends des thèses d’économistes comme J. Généreux, M. Sapir… Si j’ai le droit de les citer. Pour moi, cela va de soi et je crois que ceci était un de leurs buts recherchés. Je leur offre ainsi une sorte de consécration. La même consécration que Franck Boissier a offerte à ce photographe et au PCF en reprenant sur son blog cette image litigieuse.

Imaginez-vous que Shepard Fairey, le créateur de la fameuse affiche en dégradé d’Obama, porte plainte contre chaque organe de presse et blog qui l’a reprise dans le monde. Il en aurait certainement eu le droit — la justice aurait pu du moins se poser la question à sa demande —. Mais n’était-ce pas son but et son couronnement qu’une telle image vient incarner, partout dans le monde et même dans mon propre coeur, l’espoir du changement, l’incarnation d’un monde nouveau et meilleur ? Si M. Philippe Rupcic était sincère dans la qualité de son travail lorsqu’il a vendu sa photographie au PCF, il aurait dû rêver et espérer du même succès que Shepard Fairey. Et si le peuple français s’était soulevé contre cette injustice inimaginable que sont les franchises médicales et que la lutte s’était organisée autour de cette image. Pensez-vous qu’aujourd’hui F. Boissier serait dans ce tribunal ? Assurément pas, et les gens vivraient plus longtemps, car ils n’auraient plus peur de se soigner… La justice régnerait donc plus sur notre bas monde grâce à une image.

Et en tant que camarade et ami, je vous demande de réfléchir à ce que vous allez donner comme signal aux filles de F. Boissier. Chaque soir, elle voit un père rentrer fatigué du travail, mais toujours souriant et aimant, un homme bien. Quelques soirs, elle le voit moins, car F. Boissier part se battre et s’engager pour enclencher un mouvement inarrêtable vers le progrès. Il leur explique donc, le soir en rentrant, si elles ne dorment pas encore, qu’il a dû sacrifier une soirée avec elles pour qu’elles puissent, plus tard, en vivre plus et des meilleurs avec leurs propres enfants. Un tel homme, un tel ami, un si cher camarade n’a pas pour moi sa place dans un tribunal. Si la justice considère juste de venir entraver un coeur luttant comme celui de F. Boissier, alors, comme beaucoup de camarade, nous n’aurons plus qu’une seule idée. Lutter, lutter encore plus fort et plus durement pour venir transformer notre pays, notre institution judiciaire pour qu’elle soit enfin au service de la justice et de l’égalité. Si nous devons venir briser la propriété intellectuelle pour que de telles injustices comme celle que nous vivons à l’instant ne soient plus qu’un mauvais souvenir. Alors je vous fais, avec beaucoup d’autres, le serment que nous la briserons et nous changerons le monde. Les gagnants, ce sera nous tous. Plus intelligent et non entravé dans la lutte par un meilleur accès au savoir, nous serons de meilleurs bâtisseurs et l’histoire sera nous rendre, on peut le dire, justice.

Le livre Une année derrière mélenchon

Comment nous allons réussir le socialisme à la française !

Hier, sagement assis dans un pub écossais, je parcourais le magique « La promesse de l’aube » de Romain Gary. Autobiographie sublime d’un homme traumatisé par la quête d’une inaccessible « 7e balle ». Toute sa vie, il a cherché à jongler avec cette boule supplémentaire. Maitre à six, il voulait devenir roi avec cette septième balle, cette balle fantasmée, rêvé, adoré. Jamais Romain ne réussit à la rattraper. Elle lui échappait inéluctablement de ses mains. La perfection semblait s’enfuir plus loin à chaque nouvelle tentative. De cette course poursuite d’une chimère insaisissable, il en sortait toujours attristé, traumatisé, brisé par cet échec à l’arôme écoeurant d’éternité. L’humain ne pouvait donc jamais revendiquer sa place à l’Olympe. L’allégorie ici du chef d’oeuvre parfait, cette septième balle pour lui, je me suis demandé s’il était possible de la transposer à l’histoire humaine. Si notre socialisme, notre idéal de solidarité et de paix, cette coopération universelle et infinie de l’humain, notre « septième balle » à nous ne devaient pas finalement, à chaque fois, s’échapper de nos mains tremblantes et venir finir sa chute au sol. La résonance du choc sonnant alors les carillons d’une dernière messe.

Mais il me venait alors à l’esprit qu’une balle qui chute, rebondit et nous laisse ainsi une nouvelle chance de la saisir. Le geste est alors plus beau que la simple saisie en l’air. En continuant de jongler, en allant rattraper cette septième balle, nous montrons alors une dextérité, une volonté, une foi d’une telle puissance qu’elle vient perturber le cours linéaire de l’Histoire et bat un nouveau rythme bien plus harmonieux.

Bien trop souvent, nous avons été maladroits et nous avons laissé la balle du socialisme nous échappé. À chaque échec, à chaque chute, je crois que ce qui nous a paralysé les mains, c’est que nous avons perdu ce qui les irriguait et qui les rendait si fermes. Le sang de notre combat, ce que notre coeur propulse dans tous les capillaires de notre corps, c’est cette croyance en l’humain, en son égalité, en sa capacité d’être créateur, dit autrement, en ses dons de jongleurs. Dès lors que nous avons négligé cette idée, nos doigts se sont paralysés, asphyxié qu’ils étaient, et la balle ne pouvait qu’embrasser une nouvelle fois le sol.

Je vais tenter de tracer rapidement l’histoire de ces échecs pour mieux vous faire comprendre, comment et pourquoi, avec le Front de Gauche, nous saurons rattraper la balle et garder des doigts vifs et forts pour dessiner les traits de ce Nouveau Monde.

Et puis vu que je suis l’auteur, je vais me contenter d’évoquer l’histoire du socialisme en France en partant de la révolution. Vive l’imperium du clavier !

Le peuple français, avec la grande révolution de 1789, ouvrit, selon moi et pour beaucoup de camarades, une page nouvelle de l’histoire de l’humanité. Un chapitre dont il nous revient d’écrire les dernières pages.

La beauté de ce moment historique, ce qui en fait l’un des moments fondateurs du socialisme, c’est que les révolutionnaires français n’ont pas commencé une révolution pour eux, pour leurs intérêts, pour qu’une nation. Ils se sont élevés et inscrits dans un cadre universel. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen fut rédigée pour atteindre et défendre chaque homme et femme sur terre. Cette hauteur s’est confirmée par la nationalisation de tous les locaux. Le droit du sol venant couronner l’égalité. Les révolutionnaires faisaient « France de tous bois », car l’avenir leur paraissait plus important que le passé.

Mais la division interne entre fractions révolutionnaires, la frilosité de suivre les enragés, d’écouter Babeuf, l’oublie de la valeur de la vie humaine résumée pourtant dans la devise robespierriste « Liberté, Égalité, Fraternité » — même si le pays était en guerre à l’extérieur et à l’intérieur — suffirent à éteindre une flamme qui s’apprêtait à consumer le monde. En continuant pourtant le chemin qu’ils s’étaient tracés, les révolutionnaires n’auraient jamais connu de 9 Termidor et « les ventres dorés » seraient rentrés honteusement pour une dernière fois dans leurs demeures.

En 1848, lors d’une nouvelle révolution, là encore, la peur, l’oubli de l’humain brisèrent un mouvement qui pouvait conduire au socialisme. Au lieu d’écouter les revendications des ouvriers parisiens qui ont fait cette révolution. Thiers ordonna sous le soleil de juin « qu’on les fusille ». Le sang permet la vie. Mais lorsqu’il vient à couler sous les coups de l’homme, il en nie l’humanité. Thiers et ses amis, lors de ses journées, ne s’étaient pas seulement offert « la paix pour une génération ». Ils s’étaient « évités » la première grande tentative de coopération ouvrière dans ce qu’on appela alors les ateliers d’états.

La commune de paris, que mon ami Nathanael connait si bien et surement mieux que moi, fut l’un des épisodes de l’histoire où Socialisme et Réalité furent si proches qu’ils auraient pu entamer une valse. Les premiers jours de la commune avaient tout l’air du vol gracieux de notre septième balle. La séparation de l’église et de l’état, le blocage des loyers, l’accès gratuit au service public, la préemption des ateliers par les ouvriers, l’interdiction du travail pour les enfants, tout semblait aller de soit. Il nous fallut parfois plus d’un siècle pour reconquérir ce qu’ils leur avaient pris que quelques heures pour rédiger et décréter.

Mais Thiers et les versaillais rodaient. Face à ces ennemies, les communards se séparaient et perdurent de vu l’humain. En convoquant un nouveau Comité de salut public et en négligeant la valeur de l’homme en acceptant de fusiller quelques otages, ils permirent au poison de la division de s’infiltrer. Thiers n’avait plus qu’à envoyer ses troupes. La semaine sanglante marquera à jamais notre histoire. La terre de Paris est gorgée de ce sang de nos 20 000 glorieux aïeux.

N’oublions pas le sacré coeur est une provocation à ce passé. Il prend place pour cacher « notre butte rouge ». Qu’ils sachent, nous préférerons pour toujours nous recueillir au mur des Fédérés au son de quelques merles moqueurs venant chanter sur un air de « temps des cerises ».

Encore en 1914, l’oublie par les sociaux-démocrates allemands et par les socialistes français de l’humain, de ce qui justifie notre engagement et notre combat au quotidien, nous a couté dans les tranchées tant de force qu’il a rendu impossible la mise en place rapide du socialisme. Échec qui fut assurément le ferment des partis de la haine et des guerres qu’ils déclenchèrent et qu’ils n’hésiteront pas à déclencher si un jour ils réapparaissent au pouvoir.

C’est aussi en abandonnant notre idéal d’humanité et la solidarité, en négligeant l’aspect internationaliste de notre combat que le Front Populaire a péché. Il a lui aussi laissé s’échapper la balle. Par le choix de la non-intervention, Blum rentra en contradictions avec ses convictions humanistes. Cet abandon de nos camarades espagnols nous couta cher. J’en perçois encore un gout amer dans ma bouche. Pourtant je n’en suis aucunement responsable.

Plus près de nous, le 10 mai 1981, les Français en élisant François Mitterrand faisaient le choix de la construction du « socialisme à la française ». Ils étaient prêts à « changer la vie ». De grandes avancés sociales furent décidées. Nous étions proches et d’attaques. Mais en 1983, face aux difficultés monétaires, nos doigts tremblèrent à nouveau. En préférant le pari pascalien de la construction européenne, nous abandonnions temporairement l’humain et notre idéal socialiste. La balle tomba avant même qu’il nous fût permis de la ressaisir. À croire que nous étions maudits.

Nous avions tout pour être désespérés. Serions-nous destinés collectivement à échouer comme Romain ?

Je crois que non. Nous avons la capacité de rattraper la balle lorsqu’elle rebondit. Pour cela, il ne faut plus commettre les erreurs d’hier. Nous devons être affamés dans nos ambitions. C’est en voulant toujours plus que l’humain réussit à aller encore plus loin. Être affamée et jamais rassasiée, c’est là que se trouve la force et la vitalité de notre combat. C’est dans la fidélité à nos idées qu’elles trouveront cette vibration nécessaire à leur émergence.
Si je suis si optimiste dans la réussite du Front de Gauche là où tant d’illustres ont échoué c’est que nous basons notre combat sur l’humain. «L’humain d’abord» c’est le titre et la justification de notre programme. Cette croyance ne nous quitte pas. Elle vit en nous. L’humain n’est plus un but, mais un moyen et un catalyseur. Nous ne voulons plus le froisser ou le négliger. À chaque difficulté, nous avons déjà décidé d’en faire la solution. Finalement, quand on y pense, il ne suffisait à Romain Gary comme à nous autres de ne faire qu’un pas en avant pour rattraper cette septième balle.


Le livre Une année derrière mélenchon

Hollande, chiche de débattre avec Mélenchon ?

Les semaines s’enchainent. La grande cohue progresse. La messe électorale débute et elle sera suivie, comme d’habitude, par la danse d’une fumée grise montant au ciel au son d’un « Habeus Praesidem ». Comme tous les cinq ans, cette nuée peut naitre d’embrasement de simples postures médiatique ou alors provenir de flammes. Flammes qui, au son des craquements de braises raisonnant dans un concert de bruit et la fureur, de tumulte et de fracas, permettront l’éclosion du véritable débat démocratique. La vivacité du feu dépendra en grande partie de notre volonté, de notre détermination et de notre engagement.

La campagne s’annonce à la fois longue et courte. Favoris ou challenger, la distance n’est définitivement pas la même, l’objectif, encore moins. En ce qui concerne le Front de Gauche, nous désirons certes, au soir du vote du 22 avril, être en tête de la gauche. Mais cette victoire, si elle se confirme et se réalise, ne sera qu’un premier pas sur un long chemin. L’idéal ne sera encore qu’une bribe naissante dans un horizon sortant de l’obscurité. Le réveil du peuple, la croyance en le seul messie qui vaille, l’humain, et ce autour de la plus belle des trinités, « Liberté, Égalité, Fraternité », seront le fruit de longs et usants combats. Après biens de grands soirs, les lendemains commenceront enfin à siffloter.

Enflammer le débat, ce slogan, nous avons été beaucoup à l’entendre à la Fête de l’Humanité. Enflammer le débat, c’est donner vie à la lumière qui viendra éclairer le choix des citoyens et citoyennes. Enflammer le débat, c’est accorder une chance pour que le vote, en dehors de toutes pressions, de l’obscure ignorance, de la peur, se fasse au service de ce que chacun considère comme l’intérêt général.

Enflammer le débat à gauche, c’est l’un des objectifs que nous nous sommes tous posés.

Ainsi, il y a quelques mois, Jean Luc Mélenchon proposait à François Hollande un débat public.

En entendant cette proposition, je me suis mis à rêver de ce duel de titans que nous méritons. Ces hérauts de deux gauches divergentes venant, face à face, avancer, dessiner, défendre le monde et les solutions qu’ils envisagent pour notre grand pays.
J’imaginais alors le peuple, comme en 2005, rempli de bonne volonté, suivre attentivement cette confrontation de mots et de mondes.

Donner du sens à la rigueur ou relancer l’économie par la redistribution des richesses et le partage ? Briser ou vivre avec les marchés ? Imposer la retraite à 60 ans à taux pleins ou laisser nos vieux partir usés avec une pension de misère ? Obéir ou non aux traités européens ?

Face à ces questions légitimes, les Français auraient pu entendre des solutions divergentes et faire leurs choix en citoyen-e-s éclairés.

Après quelques semaines d’un silence assourdissant et provocateur, François Hollande a accepté, suite à une question d’un auditeur sur France Inter, de se positionner sur ce débat légitime et nécessaire. En quelques mots, ils expliquaient alors pourquoi il le refusait. Pour lui, débattre, ce serait descendre dans une arène. En l’écoutant, je me suis mis à revoir les scènes violentes de tous ces Péplums que je regardais enfant. Nous devrions conseiller la visualisation de Spartacus par Kubrick à notre camarade Hollande. Il comprendrait, peut-être, qu’il n’y a de Liberté que lorsque les hommes et les femmes se lèvent et parlent, crient. Le silence, l’ignorance de l’autre, ce ne sont là que des outils de manipulations et de destructions.

François Hollande accepte de lutter dans l’arène avec des opposants fragiles comme Juppé. Alors même que chacun sait que le combat est truqué. Ces deux-là sont en parfait accord sur la politique de rigueur et la perpétuation du règne des marchés. Hollande refuse d’offrir au peuple de gauche, mais aussi à la France toute entière, le seul débat qui compte: Rigueur ou relance. Selon notre petit François, il ne s’en dégagerait qu’une grande violence. Une telle barbarie que le peuple ne pourrait accepter ou comprendre. Ou alors – esprit pervers sors de moi- il pourrait justement avoir peur que, suite à un débat intelligent et suivi, le peuple comprenne et refuse alors tous ces arguments électoraux et criminels comme le vote utile.

Alors, un débat Hollande Mélenchon, la question est elle définitivement close ? Si je reprends mon clavier pour écrire une petite note, c’est justement qu’un petit évènement la semaine passée, relevé par quelques organes de presses, a eu lieu. Après des mois, F. Hollande a accepté de répondre à une question simple, mais qui hante tout ceux qui ont une connaissance minime du monde latino-américain : « Êtes-vous prêt à appeler à voter pour l’autre gauche ? ». Après des mois où des conseillers comme Michel Sapin, levant les yeux vers le ciel, avec ce sourire dédaigneux connu des puissants, refusaient systématiquement d’y répondre. Hollande, jeudi soir sur France 2, a confirmé son ralliement dans l’hypothèse où Mélenchon serait en tête de la gauche.

Drôle de contradiction, il serait prêt à le soutenir, mais refuse encore de débattre avec lui. Cette démarche intellectuelle est particulièrement difficile à appréhender. Il est donc bon d’exiger, pour le peuple français, pour la vigueur du débat démocratique, pour la république, que Hollande accepte de débattre avec le candidat du front de gauche. En plus de nous offrir un grand moment de politique, il s’éviterait le ridicule, au soir du 22 avril, d’appeler à voter pour un candidat dont il n’aurait même pas eu le courage d’affronter. 

PS: Vous pouvez signer une pétition pour réclamer ce débat d’utilité publique : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoListaSignatarios.aspx?pi=P2012N19745
Le livre Une année derrière mélenchon

Le vote utile, un mirage en voie de disparaitre !

source: le point

Ne nous faites pas rêver ! À quoi bon, les jeux sont faits ! Le vote utile cimente déjà l’issue de la prochaine élection. Passez votre chemin, rien ne changera…

Ah, ce fameux vote utile. À chaque fois qu’un citoyen rêve de changement, on le ramène manu militari dans le rang par l’incantation de ce fameux « vote utile ». Mais ce « vote utile » n’existe plus, à considérer qu’il a déjà existé…

Vote utile par ci, vote utile par là. Le vote utile est une star; le vote inutile, une tare. Ainsi, cher citoyen, nos importants décrètent que la valeur d’un bulletin varie selon le nom qu’il porte. Moi qui, en citoyen naïf, pensais à tort que c’était le choix du plus grand nombre qui déterminait l’issue de l’élection.

Mettons fin ensemble à ce mirage et à ce mensonge manipulateur. Il n’existe ni de vote utile ni de vote inutile. Chaque citoyen par le vote indique son souhait, son rêve, son désir pour la collectivité comme pour son propre future. Juger l’opinion, que ce soit clair, c’est mettre au pilori la démocratie et lui promettre la lame affutée de la guillotine.

Chaque citoyen est libre de décider, d’imaginer et de construire le monde qu’il souhaite bâtir. Nous devons toujours accepter sa décision. Comme ils doivent accepter, tous les importants, que notre mission est de tout faire pour que les citoyens choisissent en dehors de toute manipulation, de toutes craintes et de toutes peurs.

On entend à longueur de journée que voter Mélenchon ou Front de Gauche risque d’ouvrir la porte du second tour à Le Pen. N’est-ce pas, selon vous, une manipulation, une tentative de créer la peur chez nous, les électeurs ?

Ainsi, dans le temple sacré de l’isoloir, le calcul efface les convictions, l’opinion et les désirs de l’électeur.

Alors, doit-on se soumettre au “vote utile” ? Pour vous répondre, il nous faut répéter à quiconque que cet alibi de confort n’existe pas. Il suffit de compter pour constater que cela fait bien longtemps que les Français ne se sentent plus liés aux grands partis. En 2002, à peine 33% des électeurs ont voté pour les 2 « grands ».

En 2007, quand médias et politiques professaient jour et nuit la nécessité de se soumettre à ce vote utile, Sarko et Ségo ont à peine réunis la moitié de l’électorat.

Les électeurs ont divorcé. Ils ont divorcé pour faute grave et exclusive. Les citoyens ont eu confiance dans leurs promesses. C’est normal. Mais le PS et l’UMP ont échoué. Le pire c’est qu’on ne peut même pas pleurer et se lamenter ensemble sur cette déroute. Il n’y a de défaites que pour les batailles que l’on accepte de mener. Or, au premier son de clairon, nos importants ont mis à terre leurs armes et ont piétiné toutes leurs promesses et tous leurs beaux principes.

Comment se peut-il qu’ils réclament encore aux citoyens et citoyennes de leur faire confiance comme si de rien n’était ?

Ces “importants” sont responsables de notre morosité. C’est à cause de leurs mensonges que beaucoup de jeunes ne se laissent plus enivrer et guider par le rêve et l’espoir.

Mais à force de fermer les yeux, jeunes comme vieux, nous commençons à imaginer et à nous laisser à nouveau bercer par le rêve. Nous percevons au loin, dans l’obscurité de notre for intérieur, la lumière lointaine du changement.

Il y a quelques années, quand je militais, des inconnues me disaient que c’était normal à mon âge de croire en un monde meilleur. Mais qu’un jour, je finirais comme eux. L’espoir mourra sous les pas féroces et répétés de la vie. Et comme eux, je cesserais de rêver et j’oublierais mon idéal.

Il fallait vraiment de la détermination ou de l’imbécilité pour ne pas abandonner et refuser de croire à leur prophétie. La force de mes camarades et l’espoir que porte le Front de Gauche m’y ont beaucoup aidé.

Mais aujourd’hui, depuis quelque temps, j’ai la sensation que les choses changent. L’espoir reprend place là où la résignation était maitre. La solidarité s’installe là où l’isolement cloisonnait les hommes. La discussion remplit le silence des sans-voix. Nos salles pleines à Nantes et Metz en sont une preuve, à mes yeux, irréfutable.

Le “vote utile” est un mirage. Notre oasis, lui, est dans l’acceptation de militer, de se battre, de voter pour nos convictions.

Que chacun vote pour les idées qu’il souhaite voir appliquer en France ! Que chacun se batte pour son monde ! Que chacun se laisse aller à rêver !

Cette élection présidentielle nous appartient. Et même élu, le futur président ne sera pas détenteur de la fonction.

Sincèrement, je crois que les idées de Mélenchon sont aujourd’hui majoritaires au sein du peuple français. Il ne suffit plus que d’un rien pour que les citoyens osent s’exprimer, agir et marcher au battement de leurs coeurs et de leurs convictions.

Et vous verrez !  D’une minorité, rapidement, nous deviendrons une majorité à croire en la victoire du Front de Gauche à l’élection présidentielle.

Citoyens, camarades, amis, lecteurs, laissez vous guider par ce désir de servir l’intérêt général. Le bulletin Front de Gauche est le début de la solution. Votre soutien populaire en sera la continuité nécessaire. Le changement, lui, ne sera alors plus qu’une logique conséquence.

Il ne reste plus qu’à rêver l’avenir et à vivre nos rêves.

Le livre Une année derrière mélenchon

Avec le petit journal, le Front de Gauche a eu raison !

La campagne est lancée. Personne ne peut nier la dynamique. Elle est forte. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous laisser porter et enivrer par l’espoir d’accéder au second tour. Ce rêve, il nous porte et nous anime, non pas parce que nous désirons que notre champion puisse gagner. Il est seulement notre porte-drapeau. Notre rêve, justement, c’est de voir ce drapeau, ce petit chiffon rouge, ce morceau de tissu, être planté, flotter et animer les débats. Ce que porte ce rouge, ce n’est pas la soif de revanche, la jalousie ou l’ambition personnelle. Par cette couleur universelle qui peint à chaque instant nos veines, il porte notre idéal de révolution. Révolution qui est incarnée par des propositions aussi multiples que la relance par l’augmentation des salaires, la retraite à 60 ans, la paix, la lutte contre l’oligarchie bancaire, la laïcité radicale ou bien encore le droit de préemption des salariés en faveur d’une reprise de leur outil de travail en scoop.

Alors, naïvement, je me disais que la campagne prenant, nos idées gagnant l’opinion publique, nos mots étant repris par les autres acteurs politiques, mes prochains billets ne concerneront que le fond des idées, la noble confrontation des idées. Et qu’ainsi, je pourrais simplement parler, fracasser ma voix en alimentant le « bruit et la fureur », vibration vitale, force germinale de la démocratie. La naïveté est bien mauvaise conseillère. Je me retrouve à devoir rédiger une note sur cet épiphénomène qu’est « le petit journal ».

Je me dois, si je désire garder votre confiance, une totale sincérité. Il y a quelques années, j’ai découvert le petit journal. 5 minutes de rire et de non-conformisme qui venait interrompre la messe médiatique du prêtre Denisot. La voix qui commentait les images de politique et des « people » était drôle et follement titillante. Elle venait enfin briser les plans Com. Elle traitait l’information autrement. Je ne sais pas si vous vous souvenez de la « carte du monde médiatique ». Chaque jour, le petit journal présentait une Map World redessinée selon le temps de traitement de chaque pays. On pouvait voir la France plus grande que l’Afrique et l’Amérique du Sud réunies.

Du fond et du rire, je ne pouvais qu’aimer.

Puis la voix fut remplacée par le visage de son héraut. La mécanique se rodait. L’ennui n’était pas là. Mais, il était de plus en plus visible que l’équipe avait du mal à trouver chaque jour de nouvelles âneries. Les politiques devenaient attentifs et se mettaient sur leurs gardes. Le petit journal se retrouvait dans la même situation que tous ces comiques pros de la caméra cachée. Le succès et la reconnaissance ont le malheur d’assécher leurs fonds de commerce. Ils leur deviennent alors nécessaires de se renouveler.

Le petit journal a été confronté à un double problème. En même temps qu’il devait se ré inventer, sans perdre ses téléspectateurs, un temps d’antenne plus grand leur était imposé. Les grands artistes, les grands comiques, savent se renouveler et s’attaquer à d’autres facettes de leur métier. Laurent Baffi est un bon exemple pour notre cas présent. Le petit journal, pris dans la piégeuse contradiction du divertissement et de l’information, n’a pas su réussir cet exploit. C’est bien dommage pour nous. Nous rions moins et leur méthode nous devient de plus en plus désagréable.

Quiconque se rend bien compte que l’émission est moins drôle. Elle devient conformiste. D’agitateur, elle devient prêtresse du monde médiatique. Au point que je rêve d’une mise en abîme. Imaginez que le petit journal vienne se filmer lui même et se dénoncer…

L’objet du « scandale », celui qui m’oblige à prendre le clavier quelques minutes, c’est la dernière émission de ces pseudojournalistes (ce terme n’est pas agressif, mais je ne vois pas d’autre qualificatif pour leur travail. Toujours ce piège du divertissement et de l’information). Mes camarades du Front de gauche auraient refusé l’accès à une table ronde avec un collectif de chômeurs.

Avant de détailler cette journée et cette émission, je tiens à revenir sur cette drôle de valse que le petit journal danse avec nous depuis quelques mois. Depuis plusieurs trimestres, Yann Barthès présente notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, comme un homme agressif, quasi sadique, qui aime frapper, agresser, insulter. Il faut avouer que parfois nous avons donné le fouet pour nous faire fouetter. Même si, il faut le reconnaitre, le fouet est affuté par des montages grossiers… Soit, ils parlent de nous. Nous nous installons dans le salon des électeurs. Je suis persuadé qu’il en faudra peu pour changer cette perception négative sur nous. Il est bien plus simple de modifier l’image que de s’en créer une. N’oublions pas que Sarkozy, en janvier 2007, était détesté et vu comme un petit dictateur agressif. Il lui suffit de quelques discours sur « j’ai changé », d’une visite en pull au Mont St-Michel et d’une bonne campagne, pour transformer le rejet en adhésion et que 53% des suffrages viennent le couronner.

À nous de changer cette perception de Mélenchon ! La dynamique, rappelée plus haut, est une preuve que nous sommes en train d’y parvenir.

J’arrête cette digression pour revenir au centre du débat. Nous sommes donc un bon client pour le petit journal.

Certes, mais il y a quelques mois, alimenté par leur besoin narcotique de « rush », le petit journal a dépassé les bornes lors de notre université d’été. Pendant 3 jours, sans interruption, ils n’ont cessé de harceler Mélenchon avec la même question. Le but, nous le savons, était de le faire exploser. Qui n’aurait pas « pété un plomb » suite à une telle agression.

En bon naïf, toujours cette naïveté, nous leur avons demandé pourquoi ils se comportaient ainsi. Nous avons eu comme seule réponse dérangeante ceci « Nous ne sommes pas ici pour les meetings, mais pour filmer les moches ». Sans commentaire…

En bons êtres dotés d’intelligence et en humains animés de convictions, nous avons réfléchi. Pouvions-nous laisser le petit journal continuer à venir « maltraiter » le peuple et les camarades ?

Sans trouver de réponses, notre duo continua. Il y a quelques semaines, le petit journal venait filmer la manifestation de soutien pour notre camarade Xavier Matthieu. Éva Joly, comme beaucoup de représentants de la gauche, était présente.

Le petit journal a-t-il parlé de notre camarade ? Pourquoi se retrouvait-il poursuivi par la justice ? De la honte pour l’état de venir briser des syndicalistes ?

Non, ce qui intéressait ces « journalistes », c’était que Éva et Jean-Luc ne s’étaient pas embrassés devant leur caméra. Ils y voyaient une haine personnelle entre les deux candidats. Or, malheureusement pour eux, les deux candidats s’étaient salués avant leur arrivée.

Notre camarade, Arnauld Champremier-Trigano, est venu dénoncer ce mensonge, cet affreux montage. Qu’à trouver Yann Barthès en réponse, je le cite, « Le truc, c’est que ce qui se passe en dehors des caméras ne concerne pas “Le Petit Journal”, dont l’objectif est de montrer ce qui se passe quand tous les médias sont là. La Com’, la fameuse Com’. »

En effet, selon eux, il n’y aurait pas de vérité si la caméra ne peut la filmer. Pas d’images, dans leur logique, est une raison suffisante pour créer et venir apporter le commentaire que l’on souhaite.

S’ils ne viennent pas me filmer voter FdG dans l’isoloir, pourraient-ils, dans leur logique, apporter un commentaire affirmant que je ne l’ai pas fait ?

Comme il n’existe pas d’images de combat entre militants FdG et FN, peuvent-ils avancer l’affirmation que notre opposition est fausse et que nous nous adorons ?

Ces questions sont légitimes comme celle de savoir comment le FdG peut traiter ces pseudojournalistes.

Ainsi, la semaine dernière à Metz, l’équipe de Mélenchon a décidé de refuser l’entrée à la table ronde de notre candidat qui rencontrait un collectif de chômeur. Le petit journal a pu accéder par la suite à la conférence de presse puis au meeting.

Nous voulions juste éviter que le petit journal maltraite ces invisibles qui souffrent. Nous avons eu raison. Nous le recommencerions sans hésitation.

Certains viennent me dire qu’ils avaient une carte de presse et que donc notre porte leur serait logiquement et obligatoirement ouverte.

Quelle logique ? La carte de presse ne crée pas de supracitoyen. Ils ne peuvent venir dans ma cuisine écouter mes discussions politiques avec mes amis. Une carte de presse ne justifie pas une invitation obligatoire. Nous refusons, au FdG, les journalistes d’extrême droite de minutes. Personne n’y voit de problème ! Je ne vois donc pas pourquoi nous ne pourrions le faire avec ces « monteurs » (menteurs ?) du petit journal.

Dans ce même reportage, nous voyons la journaliste courir après Mélenchon avant son meeting. Elle avance qu’il refuse de répondre à ses questions. Pourquoi ne les a-t-elle pas posés comme tous ses collègues lors de la conférence de presse ? Une fois, leur carte de presse les autorise le même traitement que les autres, et la fois suivante, ils se sentent libérer des mêmes règles et obligations professionnelles.

Nous nous retrouvons toujours dans cette même contradiction. Sont-ils des journalistes comme les autres ?

En tout cas, nous avons décidé de dénoncer cette émission. Comme nous dénonçons tout ce qui va à l’encontre de nos convictions. Nous résistons face aux banques. Nous résistons face au jeu médiatique. Ça peut déplaire. Ça peut être contre-productif pour certains.

J’ai pourtant le sentiment que défendre et vivre selon ses convictions, cela reste la meilleure solution pour changer le monde et que le rouge vive et se déploie dans coeur.

Le livre Une année derrière mélenchon

Et si Mélenchon était la surprise de la présidentielle ?

Cela fait déjà plus de deux semaines que je n’ai pu prendre le clavier et vous rédiger une note de blog. Le retour en écosse, les révisions et la préparation des examens ont parasité mon temps, si libre habituellement. Entre mon droit international public et les fondamentaux du droit romain, je m’offre quelques minutes pour venir mettre sur papier les idées qui traversent mon esprit.
Ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt optimiste. Je ne cesse de répéter, avec quelques lumières dans mes yeux, que nous allons réussir l’exploit d’être au second tour et enclencher par de la même un mouvement « de force majeure » dans l’histoire humaine. Ces éclats lumineux parcourant mes pupilles, pour beaucoup, n’étaient que la résultante du reflet des flammes vivifiantes qui animent et se consument dans notre coeur de militant-e-s. Aujourd’hui, comme moi, vous ne pouvez plus nier que ces étoiles brillantes dans nos yeux, ce sont toutes celles que nous rallumons chez le peuple français, l’une après l’autre.

À chaque acte militant, à chaque pas que nous faisons pour convaincre que l’humain est frère et égal, à chaque fois que nous expliquons notre programme, le peuple français redevient souverain et donc maitre de son élection. Et alors, comme par magie, les messes de tous ces thuriféraires libéraux deviennent inaudible et le « pourquoi pas » s’installe dans notre conscience. Et si « pourquoi pas », cette fois-ci, je ne voterais pas PS. Et si « pourquoi pas » j’essayais le programme du FdG. « Pourquoi pas » la relance alors que la rigueur semble s’échouer et échouer partout ?

Jour après jour, je me dis de plus en plus «  Eh, si la surprise de cette élection, c’était “pourquoi pas” nous ».Tous les signes sont au vert — devrais je dire au rouge ? — :

La perte du triple A, l’alliance implicite du quattuorvira de la rigueur (les fameux quatre Daltons qui ne pensent qu’à braquer la banque « peuple français ») n’ayant comme résultante la seule chute de la république pour un empire de misère, nous offre l’oreille attentive d’une toujours plus large part du peuple français.

Trois mois avant l’élection, il ne reste déjà plus que nous. Je veux dire par là qu’en politique résolument à gauche, seul le FdG persiste. Hollande navigue, pédale pour certain, sur des courants qui le mène au centre. Joly est perdu dans la savane. Elle ne cesse de courir à droite à gauche sous un soleil au zénith. L’insolation et la sécheresse électorale sont proches…

Avec l’accord programmatique implicite des « Grands », les médias se retrouvent piéger à leur propre jeu. Par absence de débat et donc de bruits, la campagne s’annonçant ennuyeuse, elle risque de ne pas vendre de papiers. Alors que la boite à outils des « coups médiatiques » fut utilisée et usée pendant les primaires socialistes, la presse ne peut donc, pour se vendre, que donner la parole à d’autres forces politiques. Pour briser leur propre ronron, ils choisissent d’ouvrir la boite de pandore. Leur cupidité leur coutera leur monde.

En nous donnant des fenêtres médiatiques, nous avons pu montrer qu’il existait, à gauche, une force de proposition et de rupture. Il est fini le temps de la gauche paresseuse. Nous avons pu faire, sur France 2, la démonstration que nous avions un programme. Un programme qui n’est pas un catalogue, mais un tout s’articulant autour de principes et ne servant qu’un dessein : « l’humain d’abord ».

Le citoyen sait aujourd’hui qu’il existe une autre voie. TINA (There is not alternative) entend déjà siffloter son requiem. Et j’en suis sûr, son enterrement risque d’être suivi par celui de nombreux de ses hérauts usés.

Je parlais il y a quelques instants de boite de pandore. N’oublions pas qu’en nous offrant la lumière de leurs spots médiatique, les médias ne peuvent plus cacher et nier la dynamique qui nous porte. Les sondages montent alors mécaniquement. Ils sont encore sous-évalués, et ce camouflage risque de leur faire perdre toute crédibilité. Crédibilité et confiance qui n’existent d’ailleurs plus chez les Français. Les sondeurs ne se rendent pas compte qu’elle s’est envolée lorsque Libération a titré « 30% des Français pourraient à voter Le Pen ».

C’est drôle, Libération achève les sondages alors que c’était déjà lui qui avait assassiné le oui en 2005 en affirmant que non de gauche était xénophobe. N’oublions pas mes ami-e-s, le lendemain de notre victoire, de médailler les camarades July et Demorand qui, depuis si longtemps, ont su jouer un double jeu et infiltrer l’ennemi pour le briser de l’intérieur.

Tout ça pour dire que l’élection s’annonce de plus en plus comme un référendum entre la rigueur et la relance. Si le débat de la présidentielle tourne autour de cette question, ce n’est pas le second tour que nous allons atteindre, mais assurément la victoire finale.

Au fait, moi je vote pour la relance :)

Le livre Une année derrière mélenchon

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 510 followers