M. Mélenchon, avec vos amis, taisez-vous donc !

Silence, n’en parlons pas. Hier soir, à Strasbourg, il y eut un nouveau meeting de Mélenchon. En dehors de l’euphorie de l’élection présidentielle, 5000 personnes se sont rendues sur place pour écouter et « faire » de la politique. 5000 personnes, c’est plus que beaucoup de rassemblements de grands candidats pendant l’élection présidentielle. 5000 personnes, c’est du [...]

Pourquoi parle-t-on de parachutage dans la République ?

L’évènement politique du week-end est indiscutablement la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription du Pas de Calais. Circonscription qui accueille également la présidente d’un autre front, moins sympathique pour le coup, Marine Le Pen, aussi connue par ses camarades de Marternelle sous le patronyme de Marion Anne Perrine Le Pen. Je ne vais pas revenir [...]

Souvenirs de mon 10 mai 1981

Il y a 31 ans, la gauche remportait pour la première fois l’élection présidentielle. Je n’étais pourtant pas né, mais j’ai la sensation d’avoir vécu ce moment. J’ai la sensation d’avoir crié Mitterrand lors de sa marche sur le panthéon. J’ai la sensation d’avoir fait la fête avec mes camarades. J’ai le faux souvenir d’avoir [...]

Les racines crétines de Sarkozy

En ce jour du 1er mai, date rituelle dans l’histoire du mouvement social, Sarkozy vient d’énoncer une nouvelle provocation contre notre République. Devant son troupeau de fans, il affirme que la France et l’Europe doivent revendiquer leurs « racines chrétiennes » et ne pas en avoir honte. Je vous avoue avoir eu une lecture tronquée [...]

Avec Mélenchon, une campagne riche d’avenirs

La campagne s’achève. Les résultats du premier tour sont officiellement connus. Les Français ont fait leurs choix. Ils ont décidé de nous accorder plus de 11 % des suffrages. Un score qui pouvait apparaitre incroyable il y a encore quelques mois. N’oublions pas que rien ne nous assurait de dépasser les 10 %. Il a [...]

Une brève histoire d’un second tour Hollande-Melenchon

Une histoire d’un second tour Hollande Mélenchon

Il était 19 h 59. Avec tous les camarades et amis, nous nous étions retrouvés à nouveau Place Stalingrad. Le soleil nous parvenait malgré des nuages chargés. La foule était encore plus massive que le soir du 29 juin 2011. Sur ce même lieu, à quelques pas de la station Jean Jaurès, nous avions alors lancé notre campagne. À l’époque, la réalité était encore loin. Nous étions dans les rêves, les espoirs et la liberté qu’offre l’ignorance de l’avenir. Nous étions rassemblés pour fêter la désignation du candidat commun du Front de Gauche. C’est lors de ce meeting que pour la première fois, la foule réunie s’unit dans des cris résonnants appelant à la « résistance ». Je me rappelle qu’à ce moment-là, j’avais compris. Dans cette assemblée, derrière ces regards remplis d’espoir, se cachait l’histoire, cette insaisissable fugueuse. Elle nous regardait. Elle devait s’interroger sur notre confiance et sur la force de nos rêves. 10 mois plus tard, à quelques secondes de l’annonce du résultat du premier tour, je la sens de retour. Elle n’observe plus. Elle s’écrit.

La rumeur tournait depuis un moment. Mais nous avions du mal à y croire. Même si, je l’avoue, le regard livide du laquais Pujadas était un indice non négligeable. « Surprise », ces médiacrates n’avaient que ce mot à la bouche. Pourtant, elle ne semblait pas être « divine » à la vue de leurs visages. Avec les amis, nous attendions de voir s’afficher les deux visages pour en être sûr. L’histoire attendait une image pour bifurquer. Les secondes semblaient s’éterniser. Mais 20h sonna. Enfin, le verdict allait nous être lu.

Une explosion me prit au coeur. Le moment fut si exceptionnel que je ne sais plus ce qui appartient à la légende, au mythe et à ma mémoire. La surprise fut belle, incroyable, irréelle. L’évoquer m’enserre encore le coeur et me fait sourire. Regardez mes yeux, c’est cette lumière d’étoiles que nous perçûmes ce soir-là et qui nous guida pendant ces deux semaines uniques. Hollande sortit en tête, mais Sarkozy fut expulsé du second tour. Nous assistions à une véritable déroute à droite. Pour la première fois, le candidat du Social Libéralisme assumé allait affronter le candidat de l’Autre Gauche au second tour de l’élection. Le peuple de France s’était offert un duel Rose Pale-Rouge. Dix ans après le coup de tonnerre du 21 avril 2002, les citoyens et citoyennes se ressaisirent et se rappelèrent comme jamais à l’histoire. Il rêvait et appelait la Gauche. De ce soir du 22 avril, la rupture avec le passé était consommée. Plus rien ne serait jamais pareil. Les deux semaines de l’entre-deux tours nous le confirmèrent.

Je ne sais pas par quoi commencer. Tout le monde évoque habituellement ce débat d’entre deux tours. Quel souvenir ! Si cela ne vous dérange pas, je préfère évoquer un moment qui, pour moi, symbolisa tout ce que le Front de Gauche porta dans cette campagne. Ce 1er mai, des cortèges rouges énormes se regroupèrent partout en France et notamment à Paris. La prise de la Bastille n’était qu’une petite répétition à côté de ces manifestations massives. C’est dans ces cortèges festifs que j’ai ressenti la fierté du peuple français. Les autres années, à la même date, nous étions si peu nombreux. Ce jour-là, aux parfums de muguets s’associait une foule énorme. Nous ignorions si nous allions remporter l’élection. Pourtant, nous étions fiers. Ce sentiment fut déjà une victoire. Nous espérions et nous étions fiers. Quel contraste avec ces dernières années ! Pendant si longtemps, nous étions presque convaincus de n’être que des choses, « des ressources » humaines, des coûts. Et là, par des mots, par l’union, par le volontarisme, d’un coup, nous nous sentions à nouveau humains. Avant même l’application de notre programme, les premières fleurs du succès s’offrirent à nous. Dans ces cortèges, chacun se sentait utile et acteur de son histoire. Quel gâchis quand on y pense d’avoir fait croire à tous ces gens qu’ils n’étaient rien… Ces invisibles, ces oubliés, ces négligés n’attendaient que d’être pris par l’intelligence. Cueillis, leurs visages et leurs regards changèrent.

Jean Luc Mélenchon, ce 1er mai, fit un meeting commun avec Besancenot, E. Joly et les forces syndicales. Cette journée fut unique. C’était 2005 retrouvé, mais en plus fort. Le fruit avait muri. Pendant des années, certains reprochèrent le conservatisme de gauche, la simple défense des acquis. Nous avions oublié notre force. Nous nous étions égarés. Cet après-midi où l’été avait pris de l’avance sur le printemps, nous avons retrouvé le progrès et l’offensive. Tout nous semblait possible. Est cela une révolution ? Lorsque le « osons » d’un Saint-Just semble se conjuguer à chaque rêve. Ce n’est peut-être rien, mais je me rappelle avoir assisté, cette après-midi-là, à une scène qui me semblait si incroyable quelques jours auparavant. Une institutrice, que je ne connaissais pas, me parlait alors que j’étais dans la foule. Elle était heureuse. Ces mots étaient si simples que je ne pourrais les oublier. Elle me racontait qu’elle n’avait pas le permis, mais que c’était des parents d’élèves qui l’avaient emmené sur place. Il y a quelques semaines, elle ne se sentait pas respectée et aujourd’hui, ceux qui la critiquaient et la négligeaient lui venaient en aide et la considéraient. Elle concluait sa conversation, avant qu’on se perde de vue, par ces mots « Vous savez comment faire pour que ça ne s’arrête pas demain ? ».

La campagne continua. Du côté du Front de Gauche, la fête semblait être un outil de campagne. Nous n’étions plus prisonniers du simple quotidien. Tout semblait aller de soit : L’humain, la solidarité, l’insurrection civile, le refus de l’individualisme, l’émancipation. C’était un bouillonnement intellectuel à chaque discussion de marché, à chaque débat de table ou de réunions publiques. Le « osons » raisonnaient dans tous les esprits. La réalité semblait s’être échappée pour laisser une place légitimée aux rêves. Ce que je viens de vous raconter, ce sont nos souvenirs, la campagne à notre niveau !

Les livres d’histoire, eux, se souviennent surtout de ce mercredi 2 mai. Les grandes chaines s’apprêtaient à diffuser le débat des deux gauches. Hollande et Mélenchon, camarades du même parti quelques années plus tôt, s’apprêtaient à proposer deux voies antagonistes pour la nation. Le stress était palpable. Les rues étaient vides. Au front de gauche, nous nous étions retrouvées dans des assemblées citoyennes partout en France. Si bruyantes habituellement, je me souviens qu’il y régnait un silence assourdissant. J’avais la sensation de me rendre au tribunal pour entendre le verdict. La messe allait être dite. Les oreilles pointées, nous avions des millions de scénarios dans la tête.
Hollande débuta sur la responsabilité. Emmanuel Valls fut surement son coach. Ces appels à la respectabilité, à la droite, à la rigueur semblaient tellement sonner faux et en décalage avec le 1er mai que nous avions vécu.

« Il faut mieux penser le changement que changer le pansement », Mélenchon attaqua fort. Dans son introduction, il cita Condorcet, invoqua la révolution, notre passé. Il nous rappela qui nous étions et qui nous pourrions être. Ce soir-là, il fut offensif. Hollande tomba dans le piège. Au lieu d’être un homme politique, comme Giscard en 1981, il préféra la posture du vieux professeur. Il pensait être à l’ENA. Il était pourtant devant la France. Un des grands moments fut lorsque Melenchon refusa de s’excuser de promettre l’augmentation du SMIC et l’élargissement du droit du sol. Hollande pensa effrayé les Français. Il ne fit que de rallumer leurs soifs d’idéals et d’égalité.

Ce débat fut excitant. Même si, du côté du PS, on retrouvait ce vieux démon qui ne cessait de le hanter. Hollande semblait s’excuser d’être de Gauche. Cela venait-il d’une stratégie pour être élu avec la droite ou de la psyché d’un parti finissant ? La réponse appartiendra à l’histoire. La France, elle, pensait à l’avenir ! Au lendemain du débat, Emmannuel Todd et Montebourg apportèrent leurs soutiens officiels à Mélenchon. Ils furent suivis dans la soirée par Marie Noel Lienneman.

Les médias continuèrent de s’interroger sur le comportement électoral de l’ancien UMP. Sarkozy allait-il appeler à voter Hollande pour faire barrage au tsunami rouge ? Ces interrogations politiciennes semblaient si vieillottes… Les organes de presses semblaient écrire comme si le monde n’avait pas changé. Pourtant, avec la qualification du Front de Gauche au second tour, plus rien n’était pareil. La France, le 23 avril, s’était réveillée différente. Comme après 1789, il était impossible de revenir à l’Ancien Régime. Le peuple de France semblait refuser à jamais le retour du libéralisme et de la peopolisation de l’action publique. Les citoyens s’étaient libérés des chaines du passé. Ils étaient libres. Cette liberté, nous l’avions tant attendue.

Ce dimanche 6 mai, allait-elle s’exprimer dans les urnes ? Allions-nous fuir devant les exigences de nos rêves ? Allions-nous foncer, transformer, écrire une histoire qui nous appartient ? À 19 h 59, comme deux semaines auparavant, les secondes s’éternisaient et mon coeur battait la chamade. 20h arriva et l’image du nouveau président s’afficha. La France avait choisi.

Pour un duel Mélenchon-Sarkozy !

L’échéance du premier tour s’approche. Déjà, le moment est venu. Nous allons chacun, en âme et conscience, prendre nos responsabilités de citoyens éclairés et déposer dans l’urne le bulletin qui devra décider de l’avenir de notre pays. L’heure va sonner et je l’affirme, au Front de Gauche, nous n’avons pas peur de gagner. Souvent, nous l’avons vu dans l’histoire, notamment dans le sport, porter par le destin, s’approchant du sacre, du moment rêvé, à la dernière seconde, on se retrouve paralysé par l’idée de la dégustation prochaine du butin du succès. Alors, la peur nous étrangle et même le plus grand des champions chute sur la dernière marche. Ce ne sera pas notre cas. Nous sommes trop affamés par les chantiers à mener et la construction réelle de nos rêves. Quand je prends le temps de m’asseoir et d’imaginer le travail que nous allons devoir mener pour enclencher ce mouvement irrésistible vers cette société meilleure, j’en perds mon latin. Mais je ressens une excitation. L’humain se guide et trouve la force dans la folie. C’est elle qui a entrainé certains à prendre autrefois des navires en bois et en toiles pour s’aventurer vers l’inconnue et la découverte de Nouveaux Mondes. La folie, l’utopie et l’idéal et donc le rêve sont en profondeurs de notre projet. C’est, parce qu’ils sont grands et ambitieux qu’ils deviennent réalistes. Car l’humain, face à l’ambition incroyable, se sublime et collectivement se met au travail avec une force incommensurable. Jouer petit, c’est la meilleure solution d’échouer et de reculer. Jouer gros, c’est la plus grande assurance de victoire. L’histoire nous en a apporté la preuve.

Nous n’avons pas peur de gagner. Mais, ne nous le cachons pas, il existe des victoires plus belles que d’autres. On peut remporter un succès par l’échec de son adversaire. La gloire et la joie ne sont alors pas là. C’est notamment le cas des socialistes lors des échéances locales depuis 2002. On peut également, face à l’immuable logique, face au « champion sur le papier », se battre et venir inverser l’ordre des choses. Ordre qui n’en était finalement pas un. Déjà, dans l’antiquité, on glorifiait la victoire d’un David contre un Goliath. Il y a une grandeur dans le succès du petit, du faible, du malvenu. Je suis gourmand, j’aimerais que Mélenchon remporte l’élection, mais surtout qu’il le fasse avec classe. Et, dans le jeu démocratique, la « classe », c’est la confrontation de deux projets profondément antagonistes. Le débat du second tour doit permettre, aux citoyens, d’avoir le choix entre la continuité et l’alternative. Je dis bien alternative et non pas alternance. La nuance est notable, un monde sépare ces deux termes. Je vous demande de vous poser cette question. La démocratie, est-ce le choix de celui qui trône ou bien la direction vers laquelle le sceptre pointe ? Je n’ai pas envie que cette élection soit finalement un délit de sale gueule. Je souhaite, profondément et viscéralement, que l’on choisisse le monde dans lequel chacun désire vivre.

En toute logique, pour moi, le plus beau des duels, la finale rêvée, ce serait une confrontation entre Sarkozy et Mélenchon. Je vous explique pourquoi. Loin de moi l’idée de considérer que le projet de Hollande ne vaut rien. Il est juste, selon mon analyse strictement personnelle, un catalogue. Une addition de propositions qui ne s’articulent pas entre elles. On ne réussit pas à dégager le fil doré de l’histoire dedans. Ainsi, cela en devient une sorte de château de cartes. Dans une telle architecture bancale, un roi peut remplacer à loisir un as, ceci ne change en rien la solidité de l’édifice. Le vent suffira toujours pour le faire s’écrouler. Un projet, pour moi, au contraire, c’est un programme où chaque décision appelle l’autre. C’est un équilibre parfait qui se dégage à la suite de postulations initiales, ce qu’on peut appeler les valeurs et les rêves. Ainsi dans le programme « l’humain d’abord » du FdG, chaque proposition vient consolider l’autre pour amener l’égalité, la solidarité et la vie au centre de l’action publique et de l’organisation de l’économie. Le SMIC à 1700 euros est viable uniquement grâce à l’écart du salaire maximum et à la bifurcation écologique permise par la planification écologique. Un tout, un monde, voila ce qu’est un projet alternatif.

Sarkozy, admettons-le, en porte un autre. Ses postulats et ses convictions sont différents. Il croit que la somme des intérêts privés permet de dégager l’intérêt général. Il croit que l’action individuelle s’additionne pour organiser le monde. Il veut qu’une main invisible se guide par le bon sens individuel. C’est ses convictions. En démocratie, il a le droit d’y croire. Il construit donc son projet autour : Banque de la jeunesse pour faciliter l’initiative privée, valorisation de l’action individuelle, suppression des mécanismes de solidarité et de régulation, qui, dans sa logique, ne sont que des freins et des chaines pour cette main invisible. Il propose un autre monde que Mélenchon.

Deux mondes antagonistes, deux hommes politiques qui y croient, cela nous offrirait absolument un beau débat. Chaque Français et Française se retrouvera alors dans l’obligation de se questionner. Impossible d’y échapper. Nous devrons alors chercher en chacun de nous ce que l’on considère de beau dans l’action humaine. La solidarité et la collaboration ou l’initiative individuelle ? La vie ou le compte en banque?… Alors, après cet exercice vivifiant d’introspection, la majorité du peuple pourra faire connaitre, le 6 mai, ses choix de valeurs et donc la route à emprunter pour les dégager dans la réalité. Collectivement, par le choix majoritaire, le contrat social sera alors redéfini. Ainsi, nous ne voterons pas simplement pour un nom, mais pour un monde. Nous voterons pour des rêves. Nous voterons pour une réalité.

A toulouse, Mélenchon devient l’opposant n°1 à Sarkozy

Que c’est beau ! Que c’est impressionnant qu’une foule qui se regroupe et communie sur des idées! J’en perds la respiration. Je n’en reviens toujours pas d’avoir entendu ces 70 000 personnes, chantant d’une seule voix, une internationale rénovée sur cette place du capitole enfin repeinte en rouge. Cette couleur, nourrie d’histoires, est définitivement revenue à la mode, revendiquant l’avenir, et ce, je l’espère pour longtemps.

Il y a quelques mois, nous étions si peu nombreux à croire dans cette candidature. Car il est bien ici question de convictions ! Nous croyons en l’humain. Nous somme persuadé que la solidarité sera toujours plus forte que la concurrence.

Nous étions si peu nombreux… Attendez, je me trompe. Nous étions déjà tous là. Nous étions déjà ce grand nombre prêt à prendre à nouveau le flambeau de la grande révolution de 1789. Nous étions là, mais nous nous ignorions. Nous étions cloisonnés par l’individualisme et les exigences du quotidien. L’égoïsme de certains venait construire ces haies qui aveuglaient toutes visions de l’intérêt général. Nous étions séparés et alors nous pensions être seuls. Mais derrière ces murs et ces haies illusoires, nous étions là, prêts à rêver, prêts à résister et à arracher notre avenir des mains des importants. Le Front de Gauche, cette force nouvelle et sans précédent, a réussi à faire tomber ces bâtisses du passé. Par leurs chutes, d’un coup, nous nous sommes tous aperçus. Nous ne sommes donc pas seuls ! Des milliers, des centaines de milliers, des millions de Français, partout sur le territoire, rêvent, dans la paix des draps, d’une même chose: Un monde où règne l’humain. Un monde où le travail et l’intelligence permettent à chacun de vivre convenablement. Un monde où l’humain vit ! Voila ce qu’on souhaite.

Ce soir à Toulouse, il y a quelques semaines à la Bastille, les murs sont tombés et un monde nouveau a émergé. Ce monde est baigné de rouge. Ce rouge qui a conduit le peuple français, plusieurs fois dans son histoire, à revendiquer sa part d’universalité pour imposer le progrès !

Nous sommes nombreux. Nous sommes si nombreux que je n’ai pas peur de dire qu’à partir de ce soir, l’opposant principal à Sarkozy c’est le peuple uni derrière le Front de Gauche. C’est le peuple qui a choisi son héraut par la voix révolté de Jean Luc Mélenchon.

Il y a quelques mois, nous nous ignorions. Il y a quelques heures, nous nous sommes retrouvés. Pour longtemps, nous allons cohabiter pour construire sur les ruines de la société capitaliste un monde où la dignité humaine guide les décisions politiques.

Ce soir, dans les creux de mes rêves, je vais voir ce futur où le salaire maximum permet de lier chaque individu à l’autre. Ce soir, la tête dans l’oreiller, je vais apercevoir cette société qui fait du respect de l’autre, par la solidarité, l’héroïsme du quotidien. Demain, à mon réveil, j’irai me battre pour ces rêves étoilés. Dans quelques jours, fier, je marcherais vers le bureau de vote. D’un poing serré, j’y déposerai le bulletin front de gauche. Et le soir, les larmes aux yeux, j’entendrai le peuple siffloter pour les lendemains qui chante.

Sarkozy, prépare toi, le peuple est dans la rue et il a un candidat : Jean luc Mélenchon

Du PS à Mélenchon: Le chemin de la libération

Photo de Nicolas Messyaz (http://www.messyasz.fr/)
« Certains changent de conviction par amour de parti, d’autres changent de parti par amour de leurs convictions », cette phrase de Churchill, je me la suis souvent répétée à voix basse ces deux dernières années. J’en éprouvais le besoin pour me rassurer. Lors de la bataille des retraites, après plusieurs années de militantisme au PS, je décidai, en effet, de rompre avec mon parti, le parti familial, le parti le plus fort de la gauche. Je m’engageai par cette décision sur une voie inconnue. Mais je n’en pouvais plus du Parti socialiste. Je n’acceptais plus ces décisions, ces calculs électoralistes, son manque de contenu idéologique qui le conduisaient à rêver de DSK et à refuser au peuple le droit légitime à une retraite décente à 60 ans.

Je me sentais mal dans ma peau de militant. Je n’aimais plus, lorsque je me rendais sur les marchés, lorsque je discutais avec mes amis, défendre des propositions en contradiction avec ce pensait les chefs d’en haut, ces éléphants qui gravite autour d’un cimetière de rêves de transformation sociale oubliés.

Je n’acceptais plus de défendre un monde que mon parti ne voulait pas construire. J’avais la sensation de mentir, de me nier et de nier le bon sens de mon auditoire. Mais que faire ? Le PS était mon parti, le parti pour lequel ma famille a toujours apporté ses suffrages. Je n’étais pas libre du Parti socialiste. Pourtant, adhérent et farouche militant, je n’arrivais plus à voter pour lui. Alors que je n’avais que deux ans de carte, aux élections européennes de 2009, après déjà tant de magouilles locales, de compromis idéologique boiteux, je décidai de voter Front de Gauche. En quelque sorte, comme dans beaucoup de couples, le divorce était précédé par des aventures adultérines, ici, avec une autre force politique, plus jeune, plus motivée, plus radicale.

Photo de S.Burlot (placeaupeuple2012.fr)
Mais comme un mari volage, je me sentais mal dans ma maison. J’avais du mal à continuer à mentir et à me mentir. Mais partir, que c’est dur… Pourtant, comme la plupart des militants, chaque jour, j’étais choqué et révolté par la situation sociale, la morosité, les inégalités, la férocité du monde. C’était peut-être idéaliste, mais à l’époque comme aujourd’hui, j’étais persuadé que par l’union, la solidarité, l’entraide, changer et écrire notre avenir peut n’être au final qu’une formidable formalité.

Mais je ne pense pas que le rejet, à lui seul, puisse être fertile. La politique du PS ne faisait déjà que dans l’anti sarkozysme et l’acceptation de l’ordre des choses. Ceci me paraissait stérile. Comme beaucoup de militants de Gauche, j’avais en moi une conviction simple, mais qui transcende tout : je vois en l’autre un être égal. Lorsque cette idée anime viscéralement notre corps, comme c’est notre cas, tout notre projet et notre idéal coulent de source : la solidarité, la vie, la paix, en résumé, l’humain d’abord ! J’en rêvais et cela semblait exister chez « la voisine ». Alors, naturellement, j’ai décidé, par amour de mes convictions, de changer de parti.

photo de Nicolas Messayez (http://www.messyasz.fr/)
Une nouvelle naissance, voilà le meilleur terme pour définir ce que j’ai vécu. Je regrette vraiment de n’être pas parti plus tôt. Ce départ fut accompagné par le mépris de mes anciens camarades socialistes. Certains me prirent à partie pour me dire, les yeux dans les yeux, que je me trompais. Que j’allais, avec Mélenchon, ne faire que 4% ! Que le PCF n’allait pas suivre cette candidature. Que j’allais « niquer » ma carrière pour rien ! Ce rien, c’était la sincérité d’un combat pour un monde meilleur. Ce rien, c’était pour eux, comme vous devez vous rendre compte à l’Aude de la réalité d’aujourd’hui, une cécité politique sans égal. Le PS et ses militants ne sont que des astres morts. Ils ne brillent que dans l’obscurité et par la lumière du passé.

Ce mépris fut dur à assumer. Rien ne m’assurait de la réussite de la petite entreprise Front de Gauche. Mais je m’en fichais ! Quand on se bat en accord avec ces idées, on est beaucoup moins impatient. Le mépris de mes anciens camarades n’était que la reconnaissance de la justesse de mon combat. Aujourd’hui, je suis heureux de défendre le contenu politique du programme « l’humain d’abord ». C’est naïf, ça sonne comme un discours de Miss France, mais que c’est bon de se battre pour un idéal où l’égalité et la liberté sont rendues possibles par le terreau de la fraternité.

Quelle saine folie, quelle camisole de liberté quand je me rêvais, en 2010, avec tous mes amis, à dépasser, en 2012, le Parti socialiste. Je me souviens encore de ce dédain, de cette haine crachée à nos visages par ces ex-camarades du PS et éditocrates lorsqu’il y a deux ans et jusqu’à il y a quelques semaines, nous exprimions cette ambition, prémisse de la révolution citoyenne. Mais aujourd’hui, quand notre candidat, Mélenchon, l’affirme à voix haute sur Europe 1, les «bonnes personnes» n’osent plus vraiment rire de nous. Ils craignent. Ils craignent le courroux de leurs auditeurs, de plus en plus nombreux à adhérer à nos idées. Mais ils craignent surtout la lame inquisitrice de l’histoire et de la mémoire. L’hypothèse devenant crédible, ils ont peur d’avoir « la honte » le soir des résultats. Qu’ils sachent, ex-camarades du PS comme médiacrates, je me ferais un plaisir de vous rappeler vos mots. Un plaisir qui ne m’empêchera pas, pour autant, de vous intégrer dans ce mouvement irréversible que le peuple engagera par le vote Front de Gauche.

Pour information, chers lecteurs et lectrices, certains de mes ex-camarades qui m’avaient fait « la leçon » lorsque je fis, les étoiles dans les yeux, « le pari » FdG, sont aujourd’hui électeurs déclarés de Mélenchon et certains viennent même de quitter récemment le PS. Que de chemin parcouru depuis deux ans, en tout cas, n’oublions pas que certains partagent vraiment l’ambition des feuilles mortes d’automne, ils ne s’ennuieront donc jamais de suivre inlassablement le souffle du vent…

Melenchon 3eme devant Le Pen. La fraternité devant la Haine !

Troisième. Nous sommes troisièmes ! Un sondage BVA nous place (enfin) devant Bayrou et surtout au dessus de la haineuse des haineuses, la rageuse marine Le Pen. Cette semaine fut stressante. Je n’en peux plus.  Dimanche, à la suite de notre rassemblement réussi et unique en son genre à la Bastille, je me disais que la [...]

La VIe République de Mélenchon

Photo de Nicolas Messyasz (placeaupeuple2012.fr)
Nous étions nombreux dimanche à la bastille. Nous étions plus de 100 000 pour reprendre la bastille derrière notre candidat, Jean Luc Mélenchon. Ce rassemblement n’était pas un amas de fans portant des pancartes au nom de notre candidat. Nous laissons cela aux autres. Nous marchions ensemble, dimanche, vers un dessein précis. Nous, le peuple de Gauche, enfin réuni, nous nous avancions vers la 6e république.

La France est une république une et indivisible. Son histoire, ses combats, sa destinée se sont construits autour de la définition du régime qui permettrait, enfin, la concrétisation de sa devise robespierriste « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La Ier République permit l’émergence, à la lumière de l’histoire, de cette exigence. La IIe, après les affres des guerres napoléoniennes et d’une contre-terreur sanglante, imposa le suffrage universel masculin et abolit définitivement l’esclavage. La IIIe république, construite sur une terre gorgée du sang des soldats franco-prussiens et des communards, sut, dans un pays meurtri et amputé, installer une culture parlementaire. Autour de grands hommes comme Hugo, Jaurès, Clemenceau, Blum, la France reconnut les libertés sociales (Droit de grève, droit d’association, congés payés…), la laïcité et imposa la séparation de l’église et de l’état.
La IVe république, éclat de lumière après l’obscurité de l’occupation, se donna comme objectif de constitutionnaliser les droits sociaux. La France n’était pas qu’une république, elle se devait d’être sociale. Dans un pays humilié, ravagé, ruiné, le gouvernement de la libération proclama le droit à une retraite décente, à la sécurité sociale pour tous. Les journalistes d’alors n’osèrent pas aboyer « Avec quel argent ? » L’humain et la solidarité étaient bien trop fort et s’imposèrent même à eux.

Photo de Nicolas Messyasz (placeaupeuple2012.fr)

C’est encore dans la guerre que le régime changea à nouveau. Pour mettre fin à l’ignominie de la colonisation, la Ve République fut adoptée par le peuple français. Aujourd’hui, le pays est face à une crise sans précédent, ne le nions pas. Une guerre économique ravage notre avenir. L’occupation des banques est une réalité reconnue même par le gouvernement. Notre souveraineté est atteinte par le traité du MES. Notre gouvernement assure « une divine surprise » continuelle et permanente pour les pouvoirs financiers.

Lors des précédentes batailles, dans la défaite comme dans la victoire, le peuple français prit le courage de redéfinir son pacte républicain. Dans les larmes comme dans la joie, nous avons toujours choisi le chemin du progrès et de l’égalité.
Une VIe république s’impose. Imposer par le peuple, ce même peuple qui était à la bastille ce dimanche, elle sera rédigée par une constituante. Cette dernière, en offrant les armes nécessaires au Politique pour lutter contre la finance, permettra à notre peuple de se reconstituer. Nous ne sommes pas une nation holiste. Notre diversité de couleurs, de coutumes, de religions ne peut trouver que l’unité salutaire par une langue et des valeurs communes et acceptées par tous. Elles deviennent alors une trinité sacrée : Liberté, Égalité, Fraternité.

Photo de Nicolas Messyasz (placeaupeuple2012.fr)
Pour réussir cette redéfinition du pacte républicain, nous ne pouvons compter que sur une force : nous, le peuple. Dimanche, à la Bastille, nous n’avons donné lieu qu’à une répétition générale. Car, ne l’oublions pas, c’est dans ces visages, dans ces sourires, dans cette créativité populaire et festive que se trouveront les rédacteurs de la prochaine constitution. La constituante ne sera, en effet, ouvert qu’aux citoyens non députés de la Ve République. Et ces nouveaux constitutionnalistes ne pourront se présenter aux premières élections proportionnelles de la VIe République. La constituante doit se libérer de toute ambition autre que la réalisation et la concrétisation de l’intérêt général.

C’est donc par la force de la voix du peuple que nous pourrons imposer notre retrait du traité de Lisbonne devant la commission autocrate. Plus jamais, l’abandon d’une part de la souveraineté ne se fera sans le recours à la voie référendaire !

C’est grâce à l’unité populaire retrouvée que nous pourrons permettre la démocratie dans l’entreprise. Comme l’a répété Mélenchon dans son discours en reprenant Jaurès « La révolution a rendu les Français rois dans la cité, mais les a laissés serfs dans l’entreprise ». Ainsi, nous serons, grâce à cette VI république, encore plus proche de la réalisation sens entrave de la Liberté, de l’égalité et de souveraineté.

Notre nouvelle constitution permettra aux femmes d’avoir un droit garanti à l’IVG. En France, il n’y aura plus jamais d’entrave législative à l’accomplissement de l’égalité entre les corps n’en déplaise à des arriérés comme Marine Le Pen.

C’est par le choix souverain du peuple que nous pourrons protéger, élargir, diversifier les services publics pour le bien de l’intérêt général et de l’écosystème tout entier. La concurrence libre et non faussée ne sera plus jamais au sommet des normes. Ce qui guidera l’action publique et donnera sens à la force de la loi, avec cette 6e République, ce sera « l’humain d’abord ».

Cette Révolution citoyenne, dont a vu les prémisses ce dimanche à la Bastille, ne verra pas la solidarité comme un simple but, mais en fera une nécessité ! Les inégalités se creusent chaque jour de plus en plus. Il est devenu vital d’enclencher un mouvement irrésistible vers le progrès, le bien-être et la sauvegarde de notre écosystème.

L’égalité est au centre de notre inconscient populaire. L’égalité est notre liant et notre ferment de peuple. Elle en justifie notre existence et notre destinée collective. C’est justement la raison pour laquelle les libéraux s’acharnent sans relâche à détruire et nier cette espérance républicaine. En quelque sorte, ils veulent supprimer ce liant pour détruire nos rêves. C’est donc la raison pour laquelle la VIe république fera du salaire maximum une réalité de notre quotidien. Cette future loi viendra rappeler et imposer, 200 ans après, le premier article de la DDHC qui dispose que « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Dimanche, le peuple s’est donné à une répétition générale. La joie et les sourires entrevus ne peuvent nous donner que confiance et hâte pour le 22 avril. Alors, enfin réuni, le peuple français viendra se rappeler à l’histoire.

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